À la veille de sa sortie d’un centre de détention, un jeune homme de 20 ans se découvre une vocation spirituelle, mais son passé criminel l’empêche de pratiquer la prêtrise. Dans un petit village éloigné, il trouvera pourtant une occasion de prendre la tête d’une paroisse.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Lancé l’an dernier à la Mostra de Venise, où il a été présenté dans la section parallèle Giornate degli Autori (Venice Days), Corpus Christi était cette année l’un des cinq finalistes aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international. Inspiré d’un fait réellement survenu en Pologne, ce troisième long métrage de Jan Komasa (Suicide Room, Warsaw 44) se distingue grâce à la façon originale avec laquelle il questionne la véritable nature de la foi chrétienne.

C’est que Daniel n’est pas un prêtre conventionnel. En fait, il n’est même pas prêtre. Apparemment insensible au climat violent régnant dans le centre de détention où il a purgé une peine, ce jeune homme de 20 ans a apprécié les échanges qu’il a eus avec le prêtre de l’établissement carcéral, au point qu’il a senti « l’appel ». Le récit, écrit par le jeune scénariste Mateusz Pacewicz, se tient constamment sur le fil entre vérité et mensonge, à partir du moment où, envoyé dans un petit village éloigné pour travailler dans un atelier de menuiserie, Daniel trouve une occasion de revêtir la chasuble et se faire apprécier des villageois, malgré son approche parfois plus surprenante.

L’habileté du cinéaste est de mettre en question la foi de l’ancien prisonnier, mais aussi celle de ses ouailles, affligées par un accident dans lequel sept des leurs ont péri. La veuve de celui qui aurait causé le drame reste en outre ostracisée par toute la communauté. Dans le rôle de Daniel, un personnage trouble dont on pourrait douter – ou pas – de la sincérité, Bartosz Belenia est une vraie révélation.

Notez que Corpus Christi prend l’affiche à Montréal en version originale polonaise avec sous-titres français (La communion) et anglais.

★★★½

Drame. Corpus Christi. Jan Komasa. Avec Bartosz Bielenia, Aleksandra Konieczna, Eliza Rycembel. 1 h 55.

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