Un couple instruit et progressiste, Mohsen et Zunaira, se trouve piégé à Kaboul, en Afghanistan, sous le régime de terreur des talibans dans les années 90.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Le film d’animation réalisé par Zabou Breitman (Se souvenir des belles choses) et Eléa Gobbé-Mévellec (Le chat du Rabbin) a une force de frappe au moins équivalente au roman éponyme de Yasmina Khadra, sorti en 2002.

Pas étonnant que le film ait remporté autant de prix depuis sa sortie l’an dernier (Un certain regard à Cannes, Festival d’animation d’Annecy). Son pouvoir d’évocation, grâce à des aquarelles qui passent du gris au rouge sang, est très puissant.

On redécouvre ici avec dégoût le régime des talibans, dans les années 90, particulièrement effroyable vis-à-vis des femmes, dont le sort était justement dénoncé par Khadra il y a près de 20 ans. Notamment par cette scène de lapidation, insupportable, en ouverture.

Deux histoires ici s’entrecroisent. D’abord celle de Mohsen et de Zunaira, deux professeurs d’histoire qui voient leurs projets d’avenir s’évanouir avec le régime répressif (et régressif) des talibans ; et puis le couple formé de ce gardien de prison pour femmes (Atik) et de sa femme, atteinte d’un cancer.

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Les hirondelles de Kaboul

Le destin de ces deux couples se croisera à la suite d’une dispute malheureuse entre Mohsen et Zunaira.

Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec parviennent à recréer l’état de tension extrême vécu par les femmes des Hirondelles, avec une poésie troublante. Tout dans ce film appelle à la révolte, et pourtant, il y a dans la dénonciation des réalisatrices une finesse d’esprit qui rend ce régime encore plus hideux.

★★★★

Les hirondelles de Kaboul. Un film d’animation de Zabou Breitman, avec les voix de Swann Arlaud, Zita Hanrot, 1 h 21.

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