Un policier nouvellement affecté à un quartier sensible de la banlieue parisienne doit faire équipe avec deux policiers déjà bien au fait de la réalité sociale explosive de l’endroit. Les tensions montent le jour où font surface des images filmées par un drone les montrant en pleine action…

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Ça aurait pu être un brûlot. Les pourris d’un côté et les opprimés de l’autre. Ladj Ly, qui signe ici un premier long métrage de fiction sidérant, a eu l’intelligence de ne pas sombrer dans le manichéisme, ce qui rend son portrait encore plus puissant.

Avec un style électrisant, le cinéaste, déjà fort de quelques documentaires et courts métrages, illustre la dynamique particulière régnant dans une frange démunie de la société, devant laquelle les autorités semblent avoir capitulé.

Caméra à l’épaule, Ladj Ly raconte sa société à travers le regard de trois policiers de la Brigade anticriminalité en poste à Montfermeil, un endroit qu’a déjà évoqué Victor Hugo dans son roman Les Misérables.

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Les Misérables

Dotés de personnalités différentes et se disputant parfois à propos des méthodes et des approches, ces flics ont la tâche impossible de tenter d’établir l’ordre dans un milieu anarchique, où le pouvoir et l’autorité n’empruntent pas les formes habituelles, pas plus que les concepts de morale et de justice.

Dans un monde où une bavure est si vite arrivée, la situation explose dans un dernier acte anxiogène, mis en scène de façon remarquable, alors que le trio est coincé dans un immeuble investi par des jeunes en colère qui ont décidé d’en découdre.

« Jusqu’ici tout va bien, mais l’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage. » En 1995, Mathieu Kassovitz avait rendu cette phrase célèbre dans La haine, un film avec lequel on fera ici d’inévitables comparaisons. Les Misérables, lauréat du Prix du jury au Festival de Cannes l’an dernier, indique l’ampleur du crash

★★★★

Les Misérables. Drame de Ladj Ly. Avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga. 1 h 42.

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