En 1973, un professeur de littérature réputé, qui enseigne à l’Université de New York, doit retourner dans sa petite ville natale de la Caroline du Sud afin d’assister aux funérailles de son père. Il effectue le trajet en compagnie de sa nièce, et de l’homme avec qui il vit en secret depuis 10 ans…

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Grâce à des œuvres comme American Beauty, Six Feet Under et True Blood, Alan Ball s’est jusqu’à maintenant distingué principalement en tant que scénariste. Avant Uncle Frank, un seul autre long métrage de cinéma, Towelhead, sorti en 2008 sans passer à l’histoire, a aussi porté sa signature à titre de réalisateur.

Ce nouvel opus cinématographique, très personnel même s’il ne verse pas dans l’autobiographie, est tout à fait honorable, même s’il ne figurera pas parmi les plus hauts faits d’armes d’Alan Ball. Le récit, surtout dans le dernier acte, a parfois tendance à tomber dans la surenchère sur le plan dramatique. Certaines incongruités viennent également miner un peu son caractère authentique.

Campée à une époque où Alan Ball était lui-même adolescent, l’histoire d’Uncle Frank commence en 1969. Beth (Sophia Lillis), une jeune fille de 13 ans qui se sent elle-même un peu différente au sein de sa famille, développe une complicité avec son oncle Frank (Paul Bettany) lors de l’une des rares visites de ce dernier dans leur patelin de la Caroline du Sud. La dynamique familiale, modulée fermement par le patriarche (Stephen Root), y est bien définie et apparemment immuable. Quatre ans plus tard, l’oncle et sa nièce doivent prendre la route à partir de New York pour assister aux funérailles du patriarche.

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Affiche du film Uncle Frank

Ponctué de retours en arrière, qui évoquent autant le drame que Frank a vécu à l’adolescence que l’intolérance à laquelle il a dû faire face, le récit emprunte plusieurs pistes, dont certaines semblent plus artificielles. Par exemple, l’insistance que met le conjoint d’origine saoudienne (Peter Macdissi), qui pourrait être tué dans son pays à cause de son homosexualité, à suivre Frank sur la route – malgré la volonté de ce dernier – afin de rencontrer la belle-famille est un peu difficile à croire, surtout dans le contexte de l’époque.

Même s’il ne réinvente rien au chapitre du genre des films d’apprentissage et d’affirmation personnelle, Uncle Frank reste de belle tenue. Et se regarde même parfois avec émotion.

Uncle Frank est offert sur Amazon Prime Video.

★★★

Drame
Uncle Frank
Alan Ball
Avec Paul Bettany, Sophia Lillis, Peter Macdissi
1 h 35