Vivant seule dans la maison de ses parents récemment disparus, Martha meuble sa vie monotone et en marge de la société de petites joies éphémères. Au hasard d’une rencontre avec Sadie, une vagabonde à la triple personnalité, son existence va être à jamais transformée.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Dans The Planters, le personnage central de Martha enfouit dans le sol des boîtes en fer-blanc contenant des babioles. Autant de trésors échangés contre quelques billets de banque grâce à des instructions punaisées sur le panneau de bois à l’entrée de son bled. Martha donc, sème des boîtes et récolte des billets. De là le titre du film dont le pluriel renvoie aux quelques personnages loufoques et décalés peuplant son modeste univers.

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’écran, le spectateur récolte, littéralement, la joie.

Oui, la joie ! Car au-delà de leur petite vie où à peu près tout va de travers, les personnages de The Planters sont attachants, rigolos, inadaptés et pourtant vecteurs d’une énergie et d’une vitalité singulières commandant le respect. D’ailleurs, les scénaristes rient de leurs travers sans s’en moquer. Nuance !

Et, oui, la joie, parce que les deux jeunes femmes à la tête de ce film-ovni ont su trouver le bon décor, les bons paysages, la bonne mise en scène débarrassée de toute scorie pour que chaque ligne du scénario nous reste en mémoire.

Risquons les comparaisons. Si vous aimez les univers décalés de Stéphane Lafleur (En terrains connus), vous aimerez sans doute ce film. Les personnages ? À ranger avec les deux amis très « champ gauche » des publicités d’HydroSolution.

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The Planters, d’Alexandra Kotcheff et Hannah Leder

À sa manière, le film est aussi une ode formidable au besoin de créer des liens, faire confiance, s’abandonner. Que ce soit en amour, en amitié, en affaires, ce n’est pas simple. Mais c’est nécessaire. Et Martha en fera l’apprentissage.

Depuis son lancement au festival de Raindance en septembre 2019, The Planters fait le plein de prix. Et pour cause. C’est plus qu’un film. C’est un vent de fraîcheur.

Sur la plateforme du Cinéma Moderne.

★★★★

Comédie noire. The Planters d’Alexandra Kotcheff et Hannah Leder. Avec Alexandra Kotcheff, Hannah Leder, Phil Parolisi. 1 h 18.