Célèbre neurologue né en Angleterre et ayant exercé durant 50 ans à New York, Oliver Sacks est un homme entier et d’une curiosité insatiable qui a consacré sa vie aux personnes souffrant de problèmes mentaux et à l’écriture. Son parcours n’a toutefois pas toujours été dénué d’aspérités.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Quiconque regarde ce documentaire exceptionnel se dira, au bout de 10 minutes, qu’Oliver Sacks ferait un excellent personnage de cinéma. Justement, c’est lui qui a écrit l’ouvrage Awakenings, consacré aux victimes de l’encéphalite léthargique et porté au cinéma par Penny Marshall, avec Robert De Niro et Robin Williams.

Oliver Sacks (1933-2015) a soigné des milliers de patients aux prises avec la maladie mentale (attention : images troublantes) et écrit des millions de mots, transformés en ouvrages et en articles scientifiques.

Or, avant d’en arriver là, l’homme a eu son propre passage à vide. Un de ses frères a été frappé de schizophrénie. La reconnaissance de son homosexualité a créé un grand fossé avec sa mère. Il a quitté l’Angleterre pour la Californie où il a évacué sa détresse intérieure dans la moto, l’haltérophilie et… la consommation de quantités astronomiques d’amphétamines.

IMAGE FOURNIE PAR LE CINÉMA DU PARC

Oliver Sacks : His Own Life, de Ric Burns

Plus tard, son travail sera d’abord snobé par ses pairs, y compris la sortie de son ouvrage Awakenings. Heureusement, la vie va ensuite s’adoucir, comme l’illustrent plusieurs passages du film qui prennent aux tripes.

Au rayon des couacs, on retiendra le caractère un peu appuyé du film et des intervenants qui portent tous Sacks aux nues, comme s’il était un saint.

On préfère retenir que cet homme a été un immense amoureux de la vie. Il fait partie de cette catégorie de gens qui, conscients de leur petitesse dans l’univers, trouvent le moyen de remplir leur existence d’amour, de bonté et de connaissances.

★★★★

Oliver Sacks : His Own Life. Documentaire de Ric Burns. Avec Oliver Sacks, Roberto Calasso et Kate Edgar. 1 h 54.