Alors que, pour la première fois en neuf ans, les Libanais s’apprêtent à voter aux élections parlementaires, deux femmes, Wafaa, chrétienne maronite, et Hayat, musulmane chiite, portent un regard sur les divisions des habitants de leur pays près de 30 ans après la fin de la guerre civile.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Il y a des blessures qui mettent plus longtemps à guérir que d’autres. Ainsi, le Liban, récemment revenu dans l’actualité à la suite de l’explosion dévastatrice dans le port de Beyrouth, porte toujours les stigmates de la guerre civile qui s’est étendue de 1975 à 1990.

Oui, près de 30 ans après la fin d’une guerre civile dont le nombre de victimes se compte en dizaines de milliers de morts, les Libanais sont toujours très divisés, nous laisse comprendre ce documentaire dont la caméra se promène dans la capitale, Beyrouth, ville charmante, moderne, diversifiée.

Et si on écoute les conversations captées au fil du récit, la situation n’est pas près de s’améliorer. On parle de l’un et de l’autre de façon tranchante.

Que la cinéaste ait choisi de nous raconter cette histoire essentiellement à travers le regard de deux femmes est judicieux. Chacune a son histoire, son opinion, ses enjeux, ses questionnements et même ses résistances. Notamment Wafaa, dont le fils adolescent, face à son engagement politique, n’a qu’une envie : surfer sur l’internet.

Demeurant à quelques kilomètres l’une de l’autre, Hayat et Wafaa vivent pourtant dans des mondes différents et sans osmose.

Si le choix est judicieux, il est par contre insuffisant. La caméra s’arrête trop souvent. Les discussions s’éternisent, font du surplace, s’engluent.

Au risque de diluer un peu le sujet, la cinéaste aurait eu ici intérêt à nous faire rencontrer deux ou trois autres personnages forts des différents quartiers de Beyrouth. L’ajout d’une ou deux séquences d’archives, pour mieux contextualiser le sujet auprès du jeune public, n’aurait pas fait de tort non plus.

IMAGE FOURNIE PAR DIFFUSION MULTI-MONDE

La mer entre nous, de Marlene Edoyan

Ici, la mer n’est pas toujours entre les deux principaux sujets ; elle est parfois entre le film et le spectateur. Dommage.

La mer entre nous prend l’affiche sur la plateforme du Cinéma du Parc.

★★½

La mer entre nous. Documentaire de Marlene Edoyan. Avec Hayat Fakhereldine et Wafaa Khayrallah. 1 h 42.

> Consultez la plateforme du Cinéma du Parc