De 1948 à 1982, Charles Aznavour a filmé sa vie, sa famille, ses voyages, ses amours, aux quatre coins du monde. Quelques mois avant sa mort, il fait découvrir tous ses bouts de film, jamais montrés, au réalisateur Marc di Domenico, qui en fera un essai biographique, mais aussi un hommage aux anonymes de la rue, des sentiers, des rivières.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Il chantait Emmenez-moi. Mais cette fois, c’est lui qui nous emmène. Oui, au bout de la terre. Oui, au pays des merveilles. À Tokyo, comme à New York. À Paris comme à Capri, Venise ou Moscou.

Mais il nous prend aussi par la main pour nous faire rencontrer des gens à la vie simple et, disons-le, parfois miséreuse, à La Paz, en Algérie, sur les rivières de l’Afrique comme dans le port de Hong Kong. Sans oublier sa chère Erevan, capitale de l’Arménie, son pays d’origine, où il rencontre pour la première fois sa grand-mère alors qu’il a 40 ans. Images surannées, douces et poignantes que celles-là. Comme toutes les autres.

Irrésistible, ce regard de Charles ? Absolument !

Irrésistible pour son montage intelligent, sa musique, ces images imparfaites qui nous font découvrir mille et un lieux à une autre époque.

C’est par la voix de Romain Duris qu’Aznavour nous parle. On nous signale en introduction que le texte a été écrit à partir de ses paroles et de ses écrits. Disons qu’on a peut-être pesé un peu sur le crayon. Il y a là-dedans de bien belles phrases. Ça fait joli. On pourrait quasiment en faire un petit livre de pensées positives.

Heureusement, on n’a pas fait d’Aznavour un saint. Par l’entremise de Duris, il parle de son impatience, de son ego se gonflant au rythme de son succès, de ses amours fanées et aussi de la mort du fils, Patrick, emporté à 25 ans par les démons de la drogue.

Oui, le film fait un petit crochet par Montréal où Aznavour et son fidèle ami, le pianiste Pierre Roche, ont longuement séjourné à partir de 1948, l’année justement où le chanteur a reçu sa première caméra d’Édith Piaf.

IMAGE FOURNIE PAR LES FILMS OPALE

Aznavour, le regard de Charles, de Charles Aznavour et Marc di Domenico

Parlant de caméra, le documentaire ne dit pas pourquoi les tournages s’arrêtent en 1982. Omission bénigne pour ce documentaire unique en son genre.

Aznavour, le regard de Charles prend l’affiche à l’extérieur des zones rouges.

★★★½

Aznavour, le regard de Charles. Documentaire/essai de Charles Aznavour et Marc di Domenico. Avez Charles Aznavour et la voix de Romain Duris. 1 h 16.

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