Après le suicide de sa sœur, Anna (Natalie Krill) part aux trousses du proxénète qui l’a poussée dans ce gouffre. La justice ne peut rien faire. Elle n’a pas assez de preuves. Alors Anna décide de prendre les choses en main.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

We Had It Coming, de Paul Barbeau, est présenté comme un thriller noir à la scandinave. L’accent est en effet mis sur les atmosphères : il filme abondamment la ville, ses infrastructures routières, cherche à faire vivre les décors. Il filme beaucoup la nuit et ce qui se trame dans la noirceur.

Il s’attache surtout à montrer un monde où la violence faite aux femmes est partout. Dans les menaces proférées par un homme contre sa femme et qu’on entend à travers les murs d’un hôtel bas de gamme, dans l’exploitation sexuelle des femmes, dans les coups portés, dans les viols. Il montre peu, mais dit tout.

Sa réalisation ose aussi un choix intéressant : sa caméra s’intéresse avec pudeur aux femmes, à leurs yeux et à ce qu’elles traversent, mais elle ne montre aucun visage d’homme. Manière habile de dire que le problème, ce n’est pas un homme toxique en particulier, mais la culture qui le rend possible et le système qui lui permet de continuer à exister.

Sur ce plan, le film de Paul Barbeau est éloquent. Il est seulement dommage que le scénario, bien qu’appuyé par quelques scènes fortes, ne le soit pas autant. Même le personnage d’Anna est mince : on ne sait rien de sa relation avec sa sœur ni même de ce qui la lie à Olivia (son amoureuse ?), qui l’accompagne au début de sa quête.

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We Had It Coming, de Paul Barbeau

La quête de justice — et un peu de vengeance — d’Anna est nette. Le sujet est dur. Or, We Had It Coming, avec sa quasi-absence de tension, parvient trop rarement à transmettre l’indignation, la douleur et la colère que le film voudrait porter.

★★½

We Had It Coming. Un drame de Paul Barbeau. Avec Natalie Krill, Alexia Fast, Erin Agostino. 1 h 25.

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