Filmé au Festival de jazz de Newport, dans le Rhode Island, en 1958, et réalisé par le grand photographe Bert Stern, Jazz on a Summer’s Day réunit dans un cadre intime des légendes musicales, dont Louis Armstrong, Thelonious Monk, Anita O’Day et Chuck Berry.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Jazz on a Summer’s Day serait le premier film de concert jamais réalisé. Par le photographe de mode Bert Stern de surcroît (en collaboration avec Aram Avakian, qui a également monté le film).

Cela explique la qualité des images et leur caractère contemplatif. Les superbes looks des spectateurs que la caméra scrute longuement.

Nous sommes en 1958, au Festival de jazz de Newport, dans le Rhode Island. De grandes légendes de la musique doivent se produire dans un cadre intimiste, dont Louis Armstrong, Thelonious Monk et Anita O’Day.

Jazz on a Summer’s Day prend l’affiche 60 ans plus tard, car le film a été restauré en haute définition numérique (4k) par l’organisme de préservation de films IndieCollect.

En temps normal, on vous dirait qu’il s’agit d’un film d’initiés, qui seront ravis de voir le grand Chico Hamilton à l’œuvre au tambour, ou encore un jeune Chuck Berry oser faire du rock dans un festival de jazz avec Sweet Little Sixteen.

C’est vrai. Mais en temps de pandémie, Jazz on a Summer’s Day s’avère une expérience qui va bien au-delà du film de concert.

Qui ne rêve pas en ce moment de rassemblements et de spectacles vivants ?

Stern filme de belles personnes en train de danser et de se coller. C’est à la fois frustrant et réconfortant de se retrouver parmi elles grâce à la magie de cinéma.

Jazz on a Summer’s Day est une jouissive évasion et ivresse musicale, qui nous plonge aussi dans un état nostalgique. Nous sommes dans l’insouciance et l’effervescence de la fin des années 50 aux États-Unis. Les gens fument sans y repenser pendant que leurs enfants sautent dans la mer sans surveillance. La musique est un facteur de cohésion sociale et raciale. Le meilleur (et non le pire) semble à venir.

Tout cela est bien beau pendant les 85 minutes du film. Ce l’est moins quand il faut sortir de la salle de cinéma en mettant son couvre-visage.

IMAGE FOURNIE PAR NEW YORKER FILMS

Jazz on a Summer’s Day, de Bert Stern

Mais ne soyons pas trop négatifs. La réception d’un film était influencée par son contexte social bien avant la pandémie. Allez donc découvrir ou revoir Jazz on a Summer’s Day, juste pour entendre la voix d’or de Louis Armstrong.

★★★★

Jazz on a Summer’s Day. Un documentaire musical de Bert Stern. Avec Louis Armstrong, Thelonious Monk, Gerry Mulligan, Anita O’Day, Chuck Berry, Dinah Washington, Mahalia Jackson. 85 minutes

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