Bob l’éponge est inconsolable lorsque son animal de compagnie chéri, l’escargot Gary, est kidnappé. Il se lance à sa rescousse avec son inséparable ami Patrick.

Danielle Bonneau
Danielle Bonneau La Presse

Les habitants de Bikini Bottom n’ont pas beaucoup changé au cours des deux dernières décennies. Bob l’éponge demeure l’éternel optimiste à la joie débordante et l’étoile de mer Patrick est toujours aussi naïf. Ils rendent fou l’irascible pieuvre Skidward, le crabe propriétaire du restaurant où travaille Bob l’éponge, M. Krabs, qui ne pense qu’à s’enrichir, ainsi que l’envieux Plankton, qui essaie par tous les moyens de mettre la main sur la fameuse recette qui rend les hamburgers du Krusty Krabs si bons. La savante écureuil Sandy Cheeks, quant à elle, fait encore et toujours preuve d’ingéniosité.

Bob l’éponge est entré en scène il y a déjà 21 ans, dans la série d’animation qui porte son nom. Le personnage plein d’entrain et son entourage prennent vie comme jamais grâce à l’animation par ordinateur, dans un film qui célèbre la force de l’amitié.

Cette formule gagnante est exploitée à fond dans le film, et c’est tant mieux. Le réalisateur Tim Hill, qui a mis au point la série avec son créateur Stephen Hillenburg, et a écrit le scénario, connaît mieux que quiconque les personnages. Ils sont tous de retour dans cette nouvelle aventure, où la joie de vivre de Bob l’éponge et ses liens avec Patrick sont mis à rude épreuve.

Les couleurs, vibrantes, sautent aux yeux. L’exubérante éponge jaune au grand cœur vit à plein ses émotions. L’expression « pleurer toutes les larmes de son corps » n’a jamais semblé si réaliste, grâce aux efforts et à la créativité de la vaste équipe de Mikros Animation, à Montréal. Les décors, en particulier ceux de la Cité perdue d’Atlantic City, sont ahurissants, avec leur lot de tentations. Dans cet univers où rien n’est pris au sérieux, l’apparition sporadique de la tête de Keanu Reeves, enveloppée dans un buisson, ne détonne pas. Le pauvre sage essaie de guider le duo et a peine à contenir son exaspération. Il a dû royalement s’amuser, tout comme Snoop Dog et Danny Trejo, qui sont aussi mis à contribution.

Environ 300 personnes travaillaient encore sur le film quand la pandémie a éclaté. Cela ne paraît nullement que le travail de postproduction a été terminé à domicile. Pour les producteurs et le réalisateur, il s’agit d’une lettre d’amour à Stephen Hillenburg, mort en 2018 et à qui le film est dédié. Comme il l’aurait voulu, l’amitié, la gentillesse et le bonheur finissent par triompher.

ILLUSTRATION FOURNIE PAR PARAMOUNT ANIMATION

The SpongeBob Movie : Sponge on the Run

★★★1/2

Film d’animation
The SpongeBob Movie : Sponge on the Run (V. F. Bob l’éponge le film, éponge en fuite)
Tim Hill
Avec Keanu Reeves et les voix de Tom Kenny, Bill Fagerbakk
1 h 40