Depuis 20 ans, de jeunes Américains d’origine indienne dominent le célèbre concours annuel d’épellation Spelling Bee dont les éliminatoires sont présentées sur ESPN. Qu’est-ce qui explique ce succès ? Le documentaire se penche sur la question en interviewant participants, membres de leurs familles et observateurs externes.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Mary Poppins nous pardonnera, on l’espère, cet emprunt de cette exclamation fourre-tout, prononcée dans le documentaire et ici francisée, pour coiffer cette critique dont la cote finale est, oui, tiède.

À l’heure où l’Amérique crie sa souffrance et son rejet du racisme à la suite de la mort de George Floyd, ce documentaire présente, au contraire, une version caramélisée et ultra colorée du rêve américain. Celle de ceux et celles qui, partis de rien, vont réussir et prendre leur place à part entière en Amérique. D’aucuns y trouveront espoir et réconfort.

Le film est centré sur quelques enfants attachants qui savent épeler des mots presque aussi longs que le fleuve Colorado sans jamais se tromper. Ils s’appellent Akash, Shourav, Ashrita, Tejas, Nupur (vedette du film Spellbound et champion national en 1999) et sont des Américains à part entière.

Quelques vedettes d’origine indienne, dont le DSanjay Gupta et le commentateur Fareed Zakaria de CNN commentent et analysent le phénomène. La participation du comédien Hari Kondabolu est bienvenue et des plus rafraîchissantes avec quelques commentaires bien envoyés.

Malheureusement, le film a deux failles importantes. D’abord, il est trop lisse, trop parfait, trop merveilleux. Il faut presque une heure avant que le réalisateur relève, bien timidement, les travers de ce beau rêve, en raison notamment des commentaires racistes et xénophobes à l’endroit de ces jeunes champions indo-américains proférés sur les réseaux sociaux.

IMAGE FOURNIE PAR NETFLIX

Spelling the Dream

Idem avec l’échec. C’est à peine si on effleure cette question des perdants voyant leur rêve s’écrouler après des heures et des heures d’effort.

L’autre problème, c’est la répétition. Après 15 ou 20 minutes, on a un peu fait le tour de la question. Et plusieurs séquences tournées durant des qualifications, très semblables les unes aux autres, s’enchaînent jusqu’à la fin. Celle de la finale de 2017 n’en finit plus de finir.

Résumons : Spelling the Dream est beau et lassant.

Spelling the Dream est diffusé sur Netflix.

★★½

Documentaire. Spelling the Dream. Sam Rega. Avec Shourav Dasari, Ashrita Gandhari et Nupur Lala. 1 h 23.