À 47 ans, après avoir purgé une peine d’emprisonnement de 10 ans pour évasion fiscale, le célèbre gangster Al Capone souffre de démence et est hanté par son passé violent.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Après le ratage de Fantastic Four il y a cinq ans, Josh Trank a voulu se refaire une santé artistique en portant à l’écran un scénario original, qu’il a écrit lui-même, dans lequel il évoque la dernière année de vie d’Al Capone, probablement le gangster le plus mythique de l’histoire.

Peut-être est-ce dû au fait que ce personnage a déjà été évoqué si souvent au cinéma — Robert De Niro, dans The Untouchables, est l’un de ses plus illustres interprètes —, mais il émerge ici la désagréable impression que Trank a voulu se démarquer à tout prix. Il en fait trop sur le plan de la mise en scène et n’a pas su retenir non plus Tom Hardy, qui se vautre avec complaisance dans une composition appuyée.

IMAGE FOURNIE PAR VERTICAL ENTERTAINMENT

Affiche du film Capone

L’idée de départ était pourtant bonne : montrer un homme qui, à la fin d’une vie sur laquelle il n’a plus aucun contrôle, autant sur le plan physique que mental, est hanté par la violence de ses crimes. Encore faut-il donner du sens à tout cela. Quand Kyle MacLachlan, qui incarne un médecin inquiétant, se présente pour proposer un nouveau régime à son patient ou qu’un collègue, interprété par Matt Dillon, se mutile dans ce qui pourrait être une mauvaise imitation d’un effet de style à la Cronenberg ou à la Lynch, on se demande où l’on veut nous mener, d’autant plus qu’à ce stade, sincèrement, on s’en fout.

Si l’envie vous prend de voir un acteur en faire des tonnes en éructant pendant près de deux heures d’une voix rauque des dialogues quasi inaudibles, Capone est pour vous. Sinon, passez votre chemin.

Capone est proposé sur Apple TV – iTunes en version originale anglaise seulement.

★★

Drame. Capone de Josh Trank. Avec Tom Hardy, Linda Cardellini, Matt Dillon. 1 h 43.