En 1994, Amin, installé à Paris, retourne pour l’été dans sa ville natale de Sète, afin de retrouver famille et amis d’enfance. Avec son cousin Tony et sa meilleure amie Ophélie, il se replonge dans les douceurs estivales et les aléas romantiques d’une ville en bord de plage.

Marc Cassivi
Marc Cassivi La Presse

En septembre 1994, de jeunes vacancières intègrent un groupe d’amis d’enfance, dont plusieurs ont des origines tunisiennes, dans la ville de Sète, en France, au bord de la Méditerranée. Ils sont jeunes, ils sont beaux et ils ont très envie de faire la fête.

Ce film du réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche (L’esquive, La faute à Voltaire, La graine et le mulet, La vie d’Adèle) est le premier volet d’une trilogie semi-autobiographique librement inspirée du roman La douleur, la vraie de François Bégaudeau.

Ce récit d’apprentissage sensuel et lumineux, mettant en scène des acteurs non professionnels pour la plupart, s’ouvre avec une scène de sexe torride et crue, qui donne le ton au film. Pendant que son fiancé est en mission avec l’armée française depuis des mois, Ophélie (Ophélie Bau), une jeune fermière, entretient une liaison avec Tony (Salim Kechiouche). Lorsqu’Amin (Shaïn Boumedine), son meilleur ami d’enfance et cousin de Tony, parti étudier la médecine puis la scénarisation à Paris, revient pour les vacances dans sa ville natale, les choses se compliquent encore davantage. Amin, beau garçon, ne semble avoir d’yeux que pour Ophélie.

Le naturalisme a fait la force du cinéma d’Abdel Kechiche, et c’est aussi la force de Mektoub My Love : Canto Uno. Cette vérité que Kechiche arrive à saisir chez ses personnages est précieuse. Le temps qu’il prend pour chaque scène, pour établir cette interaction si authentique entre les personnages. 

Mektoub se traduit par « ce qui est écrit » en arabe et réfère au destin. À certains égards, ce film langoureux rappelle à la fois La graine et le mulet et La vie d’Adèle. On y trouve la même urgence dans les gestes quotidiens de personnages en apparence banals, la même sensualité aussi.

Mais Abdel Kechiche n’a jamais été aussi complaisant dans sa manière de filmer les courbes des jeunes femmes, notamment pendant une scène beaucoup trop longue d’environ une demi-heure dans une boîte de nuit, où des filles font du twerk et du pole dancing en shorts et soutien-gorges, de tous les angles possibles. Cette même scène se répète pendant quelque trois heures des 3 h 28 min que dure le deuxième volet de la trilogie, Mektoub My Love : Intermezzo, plus radical et voyeur, qui a suscité la polémique au plus récent Festival de Cannes, en raison d’une scène de cunnilingus explicite d’une durée de 13 minutes.

Mektoub My Love : Intermezzo, que l’actrice Ophélie Bau a désavoué publiquement, n’a toujours pas pris l’affiche en France. La suite, Mektoub : Canto Due, a déjà été filmée, mais on ne sait pas si elle verra le jour. Reste ce Canto Uno, un Kechiche mineur mais séduisant, avec ses qualités et ses défauts.

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Affiche de Mektoub My Love : Canto Uno

★★★

Mektoub My Love : Canto Uno. Un drame d’Abdellatif Kechiche. Avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche. 2 h 55

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