En 1986, un critique musical tente de découvrir ce qu’il est advenu de son ami d’enfance, un violoniste de génie disparu mystérieusement avant son premier concert, 35 ans auparavant.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

Avant de critiquer le dernier film de François Girard, il faut bien camper cette histoire de deux amis, presque frères, se déroulant sur trois époques qui se chevauchent.

Au début de la guerre de 1939-1945, un enfant juif polonais est accueilli par une famille bourgeoise à Londres. Le garçon se lie d’amitié avec le fils unique de sa famille adoptive. Bien qu’issus de mondes différents, ils partagent la même passion pour la musique.

Saut dans le temps en 1952. L’expatrié est un violoniste de génie, dont les proches n’ont pas survécu à l’Holocauste. Après avoir renié sa religion juive, juste avant son premier concert comme soliste, le jeune prodige disparaît sans explication. Au grand désarroi de son ami anglais.

Cet ami d’enfance, 35 ans plus tard, est un critique musical toujours hanté par la disparition de son « frère ». De Newcastle à Varsovie, en passant par New York, il part à sa recherche. Chaque piste le rapproche davantage de son but. Lorsque les deux hommes se retrouvent, leur lien reste fort…

François Girard affirme avoir été touché par le scénario de Jeffrey Caine, d’après un roman de Norman Lebrecht. Or, le réalisateur du Violon rouge arrive difficilement à émouvoir avec son dernier long métrage. La mollesse de la direction d’acteurs, la réalisation classique et le style archiconvenu ne rendent pas justice à cette histoire de fraternité et de trahison.

S’il est difficile de s’émouvoir du sort des protagonistes (joués par trois duos différents selon les époques), c’est parce qu’au départ, leur amitié paraît improbable. Quant à la toile de fond du film autour de la Shoah et des camps de la mort, disons que d’autres fresques historiques ont mieux exprimé cette tragédie au cinéma. 

Certes, le « jamais plus » résonne toujours fort en 2019, alors que l’antisémitisme et l’intolérance resurgissent sur la planète, mais on ne fait pas un film sur de bonnes intentions. Le violon, c’est beau quand c’est bien joué, mais ça ne pardonne pas quand c’est gauchement exécuté.

★★½

Drame. The Song of Names (V. F. : Le chant des noms), de François Girard. Avec Tim Roth, Clive Owen, Jonah Hauer-King. 1 h 53.

> Consultez l’horaire du film : https://ouvoir.ca/2019/the-song-of-names

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Le chant des noms (The Song of Names), de François Girard