Architecte québécois dont la réputation n’est plus à faire, Luc Durand retourne en Inde où il a dessiné les plans de nombreux édifices. À travers les images prises dans ce pays sont insérés plusieurs autres segments charnières de son exceptionnelle carrière.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Avec des réalisations telles que le pavillon du Québec à Expo 67, le Village olympique, la Place Dupuis et plusieurs autres édifices québécois, Luc Durand est un immense architecte. Ce documentaire lui rend un hommage à sa hauteur : senti, intelligent, justifié, instructif et assez original dans le montage.

Mais malheureusement, ces bons côtés sont fortement occultés par un rythme soporifique duquel émergent de temps en temps des discussions entre M. Durand et de vieux amis initiés d’architecture où l’on ressasse des anecdotes pointues. Le spectateur risque ici de se sentir mis en marge des discussions.

IMAGE FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE

Affiche de Luc Durand Leaving Delhi

L’essence du film repose sur le retour de M. Durand en Inde où il a contribué, de 1959 à 1962, à la construction de nombreux bâtiments. Ce passage, comme il le dit lui-même, lui a appris son métier. On prendra au hasard les dessins d’un projet d’hôtel à Agra qui lui ont par la suite inspiré la forme des pyramides du Village olympique. Voilà un passage fascinant. Idem dans cet autre extrait où Durand explique pourquoi il insistait sur le développement urbain de l’Est de Montréal.

Décédé en mars 2018 à 89 ans, M. Durand était un homme posé, de sagesse et de réflexion. Malheureusement, cela ne donne pas beaucoup de « oumf » à ce documentaire lyrique. Ce ne sont ni la petite musique indienne ni les insertions « yé-yé » d’émissions des années 60 qui vont effacer le sentiment d’ennui qui va nous suivre tout le long du visionnement.

★★★

Luc Durand Leaving Delhi, documentaire d’Étienne Desrosiers. Avec Luc Durand, Eugène Beaudoin et Jacqueline Jeanneret. 1 h 20.

> Consultez l’horaire du film : https://ouvoir.ca/2019/luc-durand-leaving-delhi