Grâce à une société offrant à ses clients de recréer l’époque de leur choix avec les artifices du cinéma, un sexagénaire choisit de retourner au jour où, 40 ans plus tôt, il a rencontré la femme qui vient de le foutre à la porte…

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Chercher sa vérité dans un environnement fabriqué de toutes pièces. Tel est le pari fou que s’est lancé Nicolas Bedos (Monsieur et Madame Adelman) en imaginant cette histoire éminemment romanesque, où un homme cherche à trouver dans le passé une nouvelle motivation pour vivre dans un monde qu’il ne comprend plus. Cela n’est pas une mince affaire, mais le cinéaste, qui signe ici son deuxième long métrage à titre de scénariste et réalisateur, offre un film aussi ambitieux que charmant, dans lequel Daniel Auteuil trouve son meilleur rôle depuis longtemps.

La plus belle astuce qu’aura eue Nicolas Bedos est de faire entrer son protagoniste sexagénaire dans l’univers de son passé en ayant pleine conscience de tous les artifices de la mise en scène orchestrée pour lui. Tombe-t-il vraiment amoureux de la comédienne (Doria Tillier) qui incarne la femme de sa vie 40 ans plus tôt ? Ou est-il simplement nostalgique d’une époque où celle qu’il aime entrevoyait l’avenir de la même façon que lui ? Et comment cette femme (impeccable Fanny Ardant), qui vient de le foutre à la porte, tirera-t-elle son épingle du jeu dans cette reconstitution ?

PHOTO FOURNIE PAR MK2 | MILE END

Affiche de La belle époque

S’il n’évite pas quelques clichés (le metteur en scène, campé par Guillaume Canet, pique évidemment sa crise), le récit se démarque grâce à sa nature totalement romantique, dénuée pourtant de tout sentimentalisme. La belle époque est assurément le film d’un cinéaste qui, à l’orée de la quarantaine, s’interroge avec beaucoup de sincérité sur la pérennité du sentiment amoureux. Et c’est beau.

★★★½

La belle époque, une comédie dramatique de Nicolas Bedos. Avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet. 1 h 55

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