La mémoire défaillante d’un ancien pilote de course pousse le fils de ce dernier à retrouver la femme qui semble le hanter. Il y a très longtemps, cet homme et cette femme ont vécu un amour aussi fulgurant qu’inattendu. Plus de 50 ans plus tard, Anne et Jean-Louis reprennent leur histoire où ils l’avaient laissée…

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Il avait raté le rendez-vous du 20e anniversaire, au point où cet épisode ne semble plus exister dans ce nouveau récit. Il ne l’a pas raté cette fois-ci. Cinquante-trois ans après Un homme et une femme, Claude Lelouch retrouve son couple mythique, maintenant formé de deux octogénaires, pour offrir un film émouvant, traversé de quelques moments de grâce.

En misant sur la mécanique défaillante de la mémoire de Jean-Louis Duroc (Jean-Louis Trintignant), désormais cantonné dans un fauteuil roulant et résidant dans ce qui est l’équivalent d’un CHSLD, le réalisateur des Uns et des autres se permet d’entremêler les époques en ramenant des scènes tirées du premier film. L’effet est d’autant plus émouvant que Lelouch est probablement le seul cinéaste à pouvoir réunir devant sa caméra des personnages joués par les mêmes acteurs, à plus de 50 ans de distance. La façon dont Anne Gauthier (Anouk Aimée) reprend contact avec l’homme qu’elle a aimé il y a si longtemps est foncièrement touchante.

Le sentiment de nostalgie est évidemment très fort, mais Lelouch parvient aussi à extraire de la magie d’un présent où le sentiment amoureux emprunte une autre forme. Anouk Aimée irradie l’écran. Face à elle, le charme de Jean-Louis Trintignant, qui avait pourtant juré qu’on ne l’y reprendrait plus devant une caméra, reste intact. Et l’on s’anime soudain d’une irrépressible envie d’entonner quelques da-ba-da-ba-da avec eux. Et pour eux.

★★★★

Les plus belles années d’une vie, de Claude Lelouch. Avec Anouk Aimée, Jean-Louis Trintignant, Marianne Denicourt. 
1 h 30.

> Consultez l’horaire du film : https://ouvoir.ca/2019/les-plus-belles-annees-d-une-vie