Se sachant gravement malade, une célèbre actrice française décide d’aller passer ses dernières vacances à Sintra, au Portugal, en compagnie de ses proches, sans toutefois leur révéler la gravité de son état.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Ira Sachs s’est fait un nom dans le monde du cinéma indépendant américain grâce à des films comme Love is Strange et Little Men. Frankie, écrit expressément pour Isabelle Huppert, est son film « européen », non seulement sur le plan géographique mais aussi de l’esprit.

Hélas, ce croisement entre le cinéma de Woody Allen et celui d’Éric Rohmer emprunte plutôt la forme d’une espèce d’euro-pouding sans âme, qui s’embourbe de surcroît dans un récit confus auquel se greffent de trop nombreux personnages et autant d’histoires parallèles.

À force de vouloir éviter toute forme de sentimentalisme, ce qui est, en soi, très admirable, le cinéaste tombe dans une distance clinique qui laisse le spectateur de glace. En exigeant des acteurs un dépouillement total du jeu afin d’atteindre le plus haut degré de naturel, on finit par provoquer l’indifférence plutôt que l’empathie.

IMAGE FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS

Frankie

Alors oui, il y a de très beaux plans, savamment composés. Et puis, il y a Isabelle Huppert. L’actrice reste toujours fascinante à regarder, mais on aurait souhaité qu’elle en ait quand même un peu plus à se mettre sous la dent.

On dit que les réalisateurs étrangers perdent souvent — pas toujours — leur personnalité de cinéaste quand ils se retrouvent à faire des films aux États-Unis, mais peut-être en est-il aussi de ceux qui empruntent le chemin inverse…

Lancé au Festival de Cannes, où il fut sélectionné en compétition officielle, Frankie est à l’affiche en version originale sous-titrée en français ou en anglais.

★★½

Frankie. Un drame d'Ira Sachs. Avec Isabelle Huppert, Brendan Gleeson, Marisa Tomei. 1 h 38.

> Consultez l’horaire du film : https://ouvoir.ca/2019/frankie