Ayant quitté dans un coup de tête sa femme et sa maison, Georges part s’isoler dans un village en montagne. Au passage, il acquiert, à un prix faramineux, un blouson de daim pour lequel il porte une affection aussi étrange qu’obsessionnelle. À partir de là, sa vie dérape complètement.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Il est bien difficile, en dépit du côté déjanté, voire absurde, de ses films, de ne pas aimer Quentin Dupieux. Le cinéaste sait visiblement, en 75 petites minutes, nous tenir en haleine, nous surprendre et nous faire mourir de rire.

C’était le cas dans Au poste !, vu l’an dernier au Québec, et c’est de nouveau le cas avec ce nouvel opus, savant croisement entre horreur, obsession et humour surréaliste.

La proposition est pourtant difficile à avaler. Georges (Dujardin) tombe carrément amoureux de son blouson de daim. Il le caresse, il le cajole, il joue des jeux de rôles avec lui. Et il entre dans une folie meurtrière lorsqu’il croise, pratiquement à tous les coins de rue, des gens qui portent aussi un blouson. Le tout sous le regard d’un garçon silencieux, dont la présence inquiétante n’est pas sans rappeler celle des jumelles Grady dans The Shining. En parallèle, la musique, qui fait vieux film d’horreur, est à l’avenant.

IMAGE FOURNIE PAR A-Z FILMS

Le daim

On ne croirait pas en ce film une seconde si Jean Dujardin ne prenait pas son rôle au sérieux. Or, justement, Dujardin est très convaincant en ce mythomane qui fait peau (et non corps) avec son blouson. Excellente aussi est Adèle Haenel dans le rôle du principal personnage secondaire qui, en dénouement du film, donne tout son sens à l’histoire.

À noter qu’en mai dernier, le film a ouvert la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.

★★★

Le daim. Comédie de Quentin Dupieux. Avec Jean Dujardin, Adèle Haenel. 1 h 17.

> Consultez l’horaire du film : https://ouvoir.ca/2019/le-daim