Leo, un boxeur qui vient d’apprendre qu’il a une tumeur au cerveau, erre dans les rues de Tokyo. Il tombe sur Monica, prostituée toxicomane qui est impliquée dans un trafic d’héroïne. Charmé par elle, Leo l’aidera à se sortir du pétrin, non sans être pourchassé par un policier corrompu, des méchants gangsters et des mafieux chinois.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

À la fin de First Love, il y a une scène magnifique. Poursuivi par une armée (littéralement) de policiers, le chef de la mafia agonise au volant de sa voiture qui traverse la baie de Tokyo aux aurores. Alors que le soleil pointe à l’horizon, le malfrat lance cette réplique : « La lumière de l’aube ne sied pas aux méchants. »

Pendant près de deux heures, on est plongé dans le noir, dans un long voyage au bout de la nuit et de l’enfer, et puis Takashi Miike nous surprend en nous offrant ce lever du jour. Et une note d’espoir. 

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, First Love arrive à Montréal avant sa sortie en France. L’auteur de la trilogie mafieuse Dead Or Alive réalise un nouveau coup de maître qui confirme sa réputation de Tarantino japonais. Ce cinéaste prolifique (60 films en 30 ans !) est un créateur fou qui maîtrise parfaitement son art.

Mosaïque 

Il faut être doué pour mélanger les genres. Or ici, il faut parler de mosaïque plutôt que de mélange, tellement le cinéaste le fait avec maestria. Le distributeur classe d’ailleurs son film dans les catégories aventure, drame, thriller, romance, science-fiction, horreur et action…

Des fusillades aux zombies, le réalisateur nous entraîne dans une histoire à la fois violente et grand-guignolesque. Ces deux jeunes Tokyoïtes à qui la vie ne fait pas de cadeau s’immergent dans un monde corrompu et sans pitié, dans lequel la poésie éclatera au milieu du chaos. Comme si Roméo et Juliette se retrouvaient dans un thriller nippon…

Film à la fois drôle et amoral, habile et juvénile, nerveux et tendre, First Love est surtout une œuvre unique et tonique dans la galaxie du septième art. L’œuvre d’un cinéaste culte. 

IMAGE FOURNIE PAR WELL GO USA

First Love

First Love, de Takashi Miike, avec Nao Ohmori, Sakurako Konishi, Masataka Kubota, 1 h 48, Trois étoiles et demie