Menacé de démolition, le monastère des sœurs moniales dominicaines de Berthierville a fait la manchette au printemps dernier. Or, un an avant de partir, les religieuses ont accepté de se laisser filmer et de parler à la caméra de la documentariste Louise Sigouin.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

L’une d’elles, avant d’entrer en religion, a eu cinq enfants, dont deux fils morts du sida. Une autre partage un bout de film familial dans lequel son entrée chez les moniales est saluée par ses enfants et petits-enfants. Une autre parle de son travail d’artiste visuelle. Et une quatrième avoue avec franchise aimer la compagnie des hommes.

C’est lorsqu’elles lèvent ainsi le voile sur leur intimité, sur leur façon de voir la vie, que la poignée de sœurs moniales dominicaines filmées ici donnent à ce film son intérêt. Elles sont fragiles, mais franches. Très âgées, mais rieuses. Cloîtrées, mais pouvant accueillir des visiteurs, les serrer dans leurs bras, manger avec eux au jardin.

IMAGE FOURNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE

Amoureuses, de Louise Sigouin

Ailleurs, le film reste gentil, trop en surface. Il cultive les lieux communs et des plans-séquences soporifiques et inutilement trop longs quand on a juste 75 minutes pour faire le tour du sujet. Avec pour résultat que certains éléments d’intérêt sont peu ou pas abordés.

On parle ainsi beaucoup de Dieu, de l’enfance des religieuses et de leurs premiers contacts avec la vocation. Mais beaucoup moins de ce qu’elles ressentent face à l’absence de relève ou à l’idée de quitter leur cher monastère.

En somme, ce documentaire est inégal, avec quelques passages d’une grande beauté, surtout dans sa finale.

★★★

Amoureuses. Documentaire de Louise Sigouin. Avec les sœurs moniales dominicaines de Berthierville. 1 h 15.

> Consultez l’horaire du film : https://ouvoir.ca/2019/amoureuses