Des jouets qui unissent leurs forces pour s’entraider, on en a vu dans la trilogie de films Toy Story (Histoire de jouets). UglyDolls réussit à se distinguer en mettant en scène des poupées avant qu’elles aient le privilège d’être aimées par l’enfant à qui elles sont destinées.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Les poupées, qui ont divers défauts de fabrication, sont heureuses et acceptées dans leur communauté. Elles doivent braver le jugement des autres lorsqu’elles s’aventurent dans un monde supposément parfait. 

Dans Uglyville, être « ugly » veut dire être différent. Les poupées, inspirées des créations de David Horvath et Sun-Min Kim, ne se doutent pas que leurs défauts apparents pourraient les empêcher d’être adoptées.

Impatiente, l’exubérante Moxy (interprétée avec justesse par Marie-Mai dans la version québécoise) entraîne quatre de ses amis dans le grand monde, où elle espère réaliser son rêve : être choisie par un enfant. Elle se heurtera plutôt à la méchanceté des autres dans un univers obsédé par la perfection, sous l’emprise du charismatique Lou (à qui Xavier Dolan donne beaucoup de profondeur).

L’ouverture d’esprit et la gentillesse de la créature rose édentée et de ses amis feront tomber des barrières. Mandy (que Ludivine Reding rend très sympathique) prendra confiance en elle et encouragera à son tour Moxy à prendre son courage à deux mains pour persévérer.

Certaines scènes sont très drôles, particulièrement quand les UglyDolls échouent aux tests de propreté et se retrouvent encore et encore dans la laveuse.

D’autres moments sont plus tristes : lorsque les poupées finissent par croire qu’elles ne sont bonnes que pour le recyclage.

IMAGE FOURNIE PAR VVS FILMS

Affiche de la version québécoise du film d’animation UglyDolls

Le réalisateur américain Kelly Asbury (Shrek 2, Gnomeo & Juliet) garde le cap tout au long du film, communiquant un message simple mais efficace : il faut s’aimer, trouver sa voie et ne pas se laisser décourager. Son choix de proposer une comédie musicale, afin que les poupées expriment leurs émotions sans ralentir l’action, est le bon.

Dans la version québécoise, Marie-Mai et Koriass (Uglydog) interprètent évidemment les chansons de leur personnage. L’excellente Julie Dassylva prend le relais de Ludivine Reding, et Kevin Bazinet fait de même lorsque l’énigmatique Lou se met à chanter.

Moxy et ses amis toucheront le cœur des tout-petits et des plus grands. Loin d’être moches, ils finissent par assumer avec fierté leur différence, pour faire triompher l’amour et la compassion. Très inspirant.

★★★ ½ UglyDolls – le film. Film d'animation de Kelly Asbury. Avec les voix de Marie-Mai, Koriass, Ludivine Reding. 1h27.

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