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Une colonie: trouver sa propre voie ***1/2

Émilie Bierre dans Une colonie, un film de... (Photo fournie par FunFilm Distribution)

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Émilie Bierre dans Une colonie, un film de Geneviève Dulude-De Celles

Photo fournie par FunFilm Distribution

Sans réinventer le genre du film portant sur l'adolescence, Une colonie se démarque grâce au portrait tout en finesse qu'on y propose.

Pour son premier long métrage de fiction, la cinéaste Geneviève Dulude-De Celles, dont le court métrage La coupe a été récompensé au festival de Sundance en 2014, a aussi choisi de ratisser un peu plus large. Elle aborde ainsi des thèmes liés à l'histoire du Québec, et aux peuples qui s'y rattachent.

Avec une rigueur quasi documentaire, la réalisatrice pose ses jalons. Quand Mylia (Émilie Bierre, excellente), une fille de 12 ans habitant dans une petite ville de région, apparaît pour la première fois dans l'histoire, elle vient à la rescousse de sa petite soeur Camille (Irlande Côté).

Cette dernière, très délurée, doit en découdre avec un chien qui mord dans la poule déjà morte que la fillette a recueillie, sous le regard d'une bande de petits intimidateurs. Jimmy, un adolescent autochtone (Jacob Whiteduck-Lavoie), viendra toutefois clore cet épisode en parvenant à calmer le cabot.

Avec beaucoup de délicatesse, le récit suivra dès lors le parcours de Mylia de très près. La jeune fille - très réservée de nature - arrive en effet à cette étape où la vie sociale commence à prendre forme.

Au même moment, la vie familiale traverse aussi une période transitoire dont l'effet est bien ressenti, autant chez les parents (Noémie Godin-Vigneau et Robin Aubert) que chez les enfants.

Affiche d'Une colonie... (Image fournie par FunFilm Distribution) - image 2.0

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Affiche d'Une colonie

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Un souci de vérité

On pourrait facilement tracer ici un parallèle avec Eighth Grade, ce très beau film (signé Bo Burnham) sorti l'an dernier. À la différence que Mylia n'essaie pas du tout de s'inventer une vie d'influenceuse sur YouTube, bien au contraire.

Cela dit, le souci de vérité est le même. Dès qu'elle entre au secondaire (en suivant un cours d'Histoire et d'éducation à la citoyenneté), dans la même classe que Jimmy, Mylia évolue timidement, avec les hésitations d'usage, mais s'affirme néanmoins progressivement afin de faire valoir un état d'esprit auquel ne correspond socialement aucune case toute faite.

Le titre, Une colonie, peut ainsi emprunter plusieurs significations. Dans son sens premier, il désigne le passé du peuple ayant colonisé le territoire, issu des peuples européens. D'où l'importance accordée dans le récit à la relation avec le peuple abénaquis d'Odanak, qui occupe un territoire situé non loin d'où a lieu le récit.

Et puis, il y a la colonie, dans son sens anthropologique. Elle fait ici écho à l'évolution d'une jeune fille tentant de trouver sa place dans la communauté, quitte pour cela à devoir apprendre à suivre sa propre voie. Quitte aussi à dépasser les lignes des cahiers à colorier, pour colorer le monde à sa façon, hors des normes, «sans devenir comme les autres».

Lauréat du prix du meilleur film au festival de Québec - et aussi du prix du public - , ce premier long métrage de fiction annonce l'arrivée d'une cinéaste dont on suivra le parcours avec grand intérêt.

* * * 1/2

Une colonie. Drame de Geneviève Dulude-De Celles. Avec Émilie Bierre, Irlande Côté, Jacob Whiteduck-Lavoie. 1h41.

> Consultez l'horaire du film




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