L'histoire: Après un exil dans l'Ouest américain pour éviter la conscription, un imitateur québécois de Charlie Chaplin tente de rentrer au pays, mais il trouve sur sa route les inquiétants résidants d'un village fantôme.

Mis à jour le 25 janv. 2019
MARC-ANDRÉ LUSSIER LA PRESSE

D'entrée de jeu, il convient de dire que La grande noirceur ne pourrait être plus différent de Félix et Meira, le film précédent de Maxime Giroux.

Le réalisateur de Demain et de Jo pour Jonathan a en effet choisi d'entraîner le spectateur complètement ailleurs, dans des zones métaphoriques, voire métaphysiques.

Tournée de façon discrète en Californie, au Nevada et au Québec, cette allégorie met en son centre un personnage québécois, coincé dans un village fantôme du désert de l'Ouest américain alors que le monde, en guerre, sombre de plus en plus dans l'horreur.

Campé au siècle dernier, le récit évoque les dérapages du passé en les liant au temps présent. Une voix de dictateur entendue à la radio ressemble d'ailleurs à celle de Donald Trump.

Magnifiquement mis en images (Sara Mishara signe la direction photo), le film est ponctué de quelques fulgurances.

On pense notamment à tous ces imitateurs de Chaplin qui se déshabillent au ralenti après leur numéro en reprenant leur identité.

Un hommage est aussi rendu au Dictateur de Chaplin alors que Philippe (excellent Martin Dubreuil) se lance dans une danse improvisée au beau milieu du désert, tel un moment suspendu dans le temps.

En revanche, certaines situations, très violentes, se situent à la frange du malaise. Reda Kateb, Sarah Gadon, Romain Duris et Soko font notamment partie de la distribution de ce film pour le moins déstabilisant.

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La grande noirceur. Drame de Maxime Giroux. Avec Martin Dubreuil, Reda Kateb, Romain Duris. 1h35.

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Image fournie par Fun Film Distribution

La grande noirceur