Synopsis: Chaque été depuis 30 ans, plus de 2000 personnes se réunissent en Auvergne, en France, pour danser jusqu’au bout de la nuit en participant au Grand Bal. Laetitia Carton y a posé sa caméra pour capter la magie de ce rassemblement.

Éric Moreault
Le Soleil

Évènement estival phare de la vie auvergnate, le Grand Bal se tient pendant sept jours et huit nuits dans cette région de France. Des gens de tous les horizons et de toutes les tranches d’âge y sont réunis pour faire revivre des musiques et danses traditionnelles.

Dans Le Grand Bal, un documentaire impressionniste et fascinant bien qu’un peu répétitif, la réalisatrice Laetitia Carton souligne à grands traits le besoin impérieux des gens d’être touchés et d’être en contact avec l’autre. Ce qui n’est pas toujours évident. Parce qu’inviter de purs inconnus à danser, et donc à partager un moment d’intimité, demande un certain courage. Il faut risquer l’inconfort et la peur du rejet ainsi que gérer la frustration du refus.

À l’inverse, le long métrage passe beaucoup trop rapidement sur les contacts non désirés. Les témoignages sont éloquents. Mais Laetitia Carton n’a pas voulu approfondir cet aspect des choses, peut-être par peur de jeter de l’ombre sur son sujet où tout ce beau monde témoigne de son désir de rencontre et de convivialité.

IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Affiche du film Le Grand Bal

En accord avec la matière, la réalisatrice limite la narration au strict minimum, de même que les entrevues: les images parlent d’elles-mêmes. Avec une caméra de proximité, qui sait se faire oublier et capte des moments « volés », elle filme la sensualité des chorégraphies, ces corps qui bougent et se rencontrent.

Les amoureux de la danse sous toutes ses formes seront ravis. Les autres risquent de trouver le temps long après un moment. Mais on observe une indéniable poésie dans ces images qui illustrent ainsi, sans jamais le nommer, le désir…