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Vice: les ficelles du pouvoir ***1/2

MARC-ANDRÉ LUSSIER
La Presse

Révélé grâce à de franches comédies de style Anchorman ou Talladega Nights, Adam McKay est aujourd'hui l'un des cinéastes les plus prisés de la profession, surtout depuis le sacre de The Big Short il y a trois ans. McKay emprunte cette fois un peu la même approche pour Vice, une comédie satirique qui porte sur Dick Cheney, l'homme qui a occupé la vice-présidence des États-Unis dans l'administration de George W. Bush.

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Vice

Affiche fournie

Pourquoi un film sur Dick Cheney ? D'abord, parce que cet homme a tiré les ficelles du pouvoir comme aucun autre vice-président ne l'avait fait auparavant. Du moins, dans l'ère moderne. Ensuite, parce que les politiques de l'administration de George W. Bush - et les conséquences qu'elles ont eues sur le nouvel ordre mondial - expliquent aussi pourquoi nous en sommes là aujourd'hui. Enfin, parce que sur le plan individuel, le parcours de cet homme qui a échoué à faire des études dans de grands établissements est aussi improbable que singulier.

On se doutera bien que, pour le plus grand bonheur du spectateur, Adam McKay ne propose pas un drame biographique classique, même si, comme il l'indique d'abord au début de ce film dont il signe seul le scénario, il a fait son « putain » de mieux pour que le portrait de cet homme réputé secret soit au plus près de la vérité.

Vice est avant tout une affaire de ton. McKay a tenté de trouver le juste milieu entre la tonalité d'un sketch de Saturday Night Live et celle d'un essai plus sérieux. 

Même si son film distille des accents très grinçants, parfois même caricaturaux, le fond est toujours présent, histoire de faire écho aux dommages collatéraux que les actions du personnage ont engendrés au chapitre de la politique étrangère du gouvernement américain. La guerre en Irak, déclenchée sous des prétextes fallacieux en 2003, est bien sûr longuement évoquée.

Après une entrée en matière campée au début des années 60, où il est déjà établi que l'épouse, Lynn (formidable Amy Adams), joue un rôle crucial dans la montée sociale du personnage tout autant que dans sa respectabilité, le récit nous ramène très vite à l'époque des attentats terroristes de 2001. C'est à ce moment que le vice-président a pu faire valoir son influence sur un président dépassé par les événements.

Pour amateurs

Les amateurs de politique américaine prendront évidemment plaisir à visiter les coulisses d'une administration dont ils reconnaîtront plusieurs des personnages clés, de George W. Bush (Sam Rockwell) à Donald Rumsfeld (Steve Carell) en passant par Colin Powell (Tyler Perry). Par la même occasion, huit années de l'histoire récente des États-Unis sont circonscrites dans un récit marqué tant par l'histoire publique que par l'histoire personnelle d'un homme qui ne fait jamais de sentiment, même quand il s'agit des droits de la communauté LGBTQ, dont fait partie sa propre fille Mary (Alison Pill).

Vice emprunte ainsi les allures d'une tragicomédie, menée par un Christian Bale méconnaissable, qui, en plus de ressembler physiquement à son personnage de façon troublante, en emprunte les accents et le phrasé de façon parfaite.

Une question, toutefois, demeure : ce personnage mérite-t-il vraiment notre empathie ?

***

DRAME BIOGRAPHIQUE. VICE. Adam McKay. Avec Christian Bale, Amy Adams, Sam Rockwell. 2 h 12.

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