L'histoire: Lors d'une soirée d'anniversaire qu'elle organise elle-même pour ses 21 ans, une jeune femme manipulatrice et dominatrice se donne la mort devant ses proches après avoir prononcé un monologue déchirant. Cette scène macabre force ses amis à l'introspection.

Mis à jour le 26 oct. 2018
Marc-André Lussier LA PRESSE

Écrit en 4 jours, tourné en 12 jours avec les moyens du bord (à peine 250 000 $), Wolfe surprend d'abord grâce à sa facture visuelle. En s'associant à Miguel Henriques, qui a travaillé avec le Cirque du Soleil, pour signer les images de son film, Francis Bordeleau a eu le flair d'offrir à son propos un cadre visuel et sonore plus inhabituel.

Le style narratif qu'emprunte le cinéaste, qui porte ici un scénario écrit dans l'urgence, est cependant d'une forme plus classique.

En se confiant à un interlocuteur anonyme, qu'on présume être davantage psychologue qu'enquêteur, des jeunes gens se racontent après avoir été témoins du suicide d'une amie de leur groupe. Leurs histoires sont souvent illustrées en flashback.

C'est dire qu'on aborde ici des thèmes sombres - le suicide, la santé mentale, le mal-être -, mais Bordeleau, qui avait signé deux courts métrages jusqu'ici (Iceland, Carnasse), compense la lourdeur du propos par une approche énergique.

Le cinéaste s'appuie également sur des pièces musicales rythmées afin d'éviter toute complaisance sur le plan de l'émotion.

Quelques-uns des acteurs les plus en vue de leur génération (Catherine Brunet, Ludivine Reding, Antoine Pilon, Léa Roy et quelques autres) se retrouvent ici réunis, mais leur talent ne suffit pas à effacer l'aspect parfois un peu plaqué de certaines situations. 

On retiendra surtout de Wolfe le miroir qu'il tend aux milléniaux, à qui ce film est manifestement destiné. Il reste maintenant à voir s'ils se reconnaîtront.

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Wolfe. Drame de Francis Bordeleau. Avec Catherine Brunet, Ludivine Reding, Antoine Pilon. 1 h 31.

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Image fournie par TVA Films

Wolfe