Shock and Awe: Scoop raté **1/2

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Mario Cloutier

Après les attentats du 11 septembre 2001, deux journalistes enquêtent sur le fait que les États-Unis veulent envahir l'Irak à tout prix, même en l'absence de preuves de la présence d'armes de destruction massive. Les grands médias, pourtant, aiment mieux croire George W. Bush que le petit groupe de presse, Knight Ridder, où travaillent Jonathan Landay et Warren Strobel.

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Affiche de Shock and Awe

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

L'expression « shock and awe » (choc et stupeur) décrit une stratégie militaire visant à agir rapidement et avec éclat afin de dominer l'ennemi. George W. Bush l'a utilisée pour justifier l'invasion de l'Irak après les attentats du 11 septembre 2001.

Le film de Rob Reiner décrit le travail acharné de deux journalistes de Knight Ridder qui mettront au jour la stratégie de Washington basée, comme on le sait aujourd'hui, sur des prémisses fausses en 2003. Leur enquête sérieuse rend le récit intéressant, mais le cinéaste est loin de sa forme de A Few Good Men (1992), thriller autrement incisif sur l'armée et le pouvoir.

Son intention de départ, militer pour une presse libre et indépendante, s'enlise ici dans des intrigues secondaires inutiles, des dialogues creux et un style poussif. Le patron de presse, Rob Reiner lui-même, dira : « Quand vous créez votre propre réalité, c'est facile d'ignorer les faits. » La phrase, qui pourrait faire penser au président des États-Unis actuel ou à ses prédécesseurs républicains, Bush père et fils, tombe à plat.

Au lieu de creuser de ce côté de l'Histoire en tentant de comprendre comment on peut en arriver là, le cinéaste chevronné se complaît à raconter « une histoire vraie » que la plupart d'entre nous connaissent déjà.

L'excellent Woody Harrelson sauve la mise quelque peu, éclipsant le fade James Marsden et le monocorde Rob Reiner. Quant à Tommy Lee Jones, inutile d'en rajouter. Le cinéma n'est clairement plus un pays pour le vieil homme.

Même si on apprend une chose ou deux sur le travail journalistique, le public aurait avantage à voir ou revoir l'oscarisé Spotlight. Les vrais bons films sur la raison d'être des médias à l'ère des fake news sont trop rares pour miser 90 minutes sur Shock and Awe.

**1/2

DRAME POLITIQUE

Shock and Awe, de Rob Reiner

Avec James Marsden, Woody Harrelson, Tommy Lee Jones et Rob Reiner

1 h 30

> Consulter l'horaire du film




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