Le premier long métrage de Jeff Denis est traversé du début à la fin par l'originalité. Dès la première scène, le réalisateur nous agrippe au collet et nous happe dans un univers légèrement décalé dans lequel on s'abandonne. Et ce n'est pas uniquement parce que le film fait vintage avec son filtre sépia. Sa mise en scène est tordue, un peu folle, et sert parfaitement les personnages un brin caricaturaux (dans le bon sens du terme), surréalistes et vivant dans le champ gauche, à l'abri d'un monde trop souvent aseptisé.

Publié le 8 juin 2018
André Duchesne LA PRESSE

Cette comédie romantique, charmante et hors norme, nous fait sourire. Et ce, en dépit d'un scénario qui, à certains moments, manque de souffle, s'englue même, avant de reprendre de sa mouvance. En dépit aussi de passages ultralégers qui donnent parfois l'impression de sortir tout droit d'un épisode de Symphorien. Une scène dans laquelle les personnages se balancent des métaphores florales pour parler de l'acte sexuel est particulièrement pénible.

Il reste que ce film est de ceux à voir en salle pour sa beauté esthétique et sa recherche de décors atypiques. L'usage d'une lentille grand-angulaire donne des effets étonnants, saisissants, dans les intérieurs, comme l'appartement de notre héros qui cherche sans arrêt le mode d'emploi à sa vie. Autre joyeuse idée, ces musiciens qui apparaissent soudainement dans le décor. La trame sonore prend alors tout son sens.

Au visionnement, nous nous sommes rappelé le très beau film Attila Marcel de Sylvain Chomet. Napoléon en apparte lui ressemble à travers son univers fantasque, ses personnages attachants, sa musique prenante. La finale du film ouvre la porte toute grande à une suite. On a déjà hâte.

Napoléon en apparte. Comédie romantique de Jeff Denis. Avec Jean-Michel Girouard, Joëlle Bond, Maxime Robin. 1h20.

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image fournie par K-Films Amérique

Napoléon en apparte