L'histoire: À la veille du tournage d'un nouveau film, un cinéaste en couple avec Sylvia voit réapparaître dans sa vie Carlotta, une femme dont il a été amoureux il y a plus de 20 ans.

Publié le 1er juin 2018
Marc-André Lussier LA PRESSE

Pour apprécier le plus récent film d'Arnaud Desplechin (Un conte de Noël, Trois souvenirs de ma jeunesse), qu'il a fabriqué «avec des assiettes de fiction qu'on fracasserait contre un mur», il faut d'abord être sensible à sa manière, à son style.

Les fantômes d'Ismaël est truffé de références tant à des oeuvres appréciées du cinéaste qu'à ses propres films. L'entrée en matière, déjà, pourra dérouter. Le spectateur comprendra éventuellement que l'histoire d'espionnage qu'on raconte est, en fait, un film qu'imagine le protagoniste, cinéaste de métier.

Cette histoire du «film dans le film» ponctuera régulièrement le récit de ce drame sentimental, amenant ainsi des ruptures de ton auxquelles il faudra souvent s'ajuster. Comme souvent dans le cinéma de Desplechin, ce film très dense, très touffu, très verbeux comporte sa bonne part de fulgurances, d'autant que le cinéaste dispose de trois interprètes d'exception pour traduire un imaginaire puisé à même ses tourments intérieurs.

L'alter ego Mathieu Amalric est une fois de plus impeccable. Marion Cotillard livre une composition remarquable dans le rôle de la femme disparue mystérieusement il y a 20 ans sans jamais donner de nouvelles, et l'espèce de force tranquille que dégage Charlotte Gainsbourg fait merveille dans les circonstances. 

Une fois n'est pas coutume, la version de ce film exploitée en Amérique du Nord fait 20 minutes de plus que celle exploitée dans la plupart des salles en France l'an dernier.

* * * 1/2

Les fantômes d'Ismaël. Drame d'Arnaud Desplechin. Avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg. 2 h 15.

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Image fournie par le Cinéma du Parc

Les fantômes d'Ismaël