Aleksi K. Lepage LA PRESSE

Voici venir une « petite comédie romantique française tellement cute ». Amour et mélancolie. Contingence et liberté. Chagrin et chocolat. La vie, quoi. Cette vie faite de tout, de rien, cette tartine de seigle aux coings... Cyniques, fuyez ce film, fuyez au loin.


Les émotifs anonymes sera, chose sûre, comparé au Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jeunet, succès international, devenu référence, qui aura émerveillé les esprits douillets par sa candeur, sa poésie et son absence totale de malice. Mignon, trop mignon.


Voici de quoi il en retourne ici : Jean-René (Benoït Poelvoorde), propriétaire d’une fabrique de chocolat au bord de la faillite, trouve un peu d’espoir au contact d’une nouvelle employée, Angélique (Isabelle Carré), jeune femme pathologiquement timide, adepte des thérapies de motivation personnelle et, secrètement, génie dans l’art chocolatier. Jean-René, éternel célibataire, hypocondriaque aux traits austères trouvera en cette Angélique Delange (ça va, on avait compris) non seulement une excellente partenaire de travail, mais une amoureuse idéale.


Les émotifs anonymes de l’imprévisible Jean-Pierre Améris, est plus léger qu’une mousse sur un fraisier au mascarpone. On appelle cela un « film d’été », à l’inverse du blockbuster agressif en 3D : tout doux, tout modeste, tout foufou, scénario basique (la rencontre de deux lunatiques au coeur spongieux), dialogues réduits à quelques balbutiements faussement maladroits, personnages sympathiques malgré leurs tares, trame sonore anachronique qu’on dirait piochée dans le répertoire des comédies musicales hollywoodiennes. Joli, gentil, de bonne foi, il manque à cette gâterie une pincée de poivre en grains.


Les émotifs anonymes
Comédie de Jean-Pierre Améris
Avec Isabelle Carré, Benoït Poelvoorde, Lorella Cravotta
1h20
* * 1/2