Anabelle Nicoud LA PRESSE

Continental, un film sans fusil, passera par Venise avant d'aller à Toronto. Le premier long métrage de Stéphane Lafleur sera le seul film canadien présenté dans la section «Journées des auteurs» du prestigieux festival de cinéma, qui aura lieu du 29 août au 8 septembre.

Venise? «C'est une très bonne nouvelle, estime le réalisateur. Ce sont toujours les réponses des premiers festivals qui sont les plus attendues. Ce sont les premiers échos de l'extérieur. Faire un film, c'est travailler dans une bulle pendant un an au moins. Alors ces échos sont importants.»

Dans Continental, Stéphane Lafleur montre les histoires de Lucette (Marie-Ginette Guay), Louis, (Réal Bossé), Chantal (Fanny Mallette) et Marcel (Gilbert Sicotte). «C'est un film construit en vignettes, autour de l'histoire de quatre personnages. C'est une comédie noire ou un drame comique», raconte le réalisateur.

Continental, un film sans fusil, est un film «atypique», croit le producteur, Luc Déry, fondateur de la maison montréalaise micro_scope (Congorama). «C'est un film canadien, qui a un petit vernis européen et un petit vernis d'auteur, poursuit-il. C'est un film promis à un bel avenir en festivals.»

Filmé l'automne dernier avec un budget de 2,1 millions, Continental, un film sans fusil, sera aussi présenté dans la section «Canada First» du Festival de Toronto, du 6 au 15 septembre. «Cela jette une lumière différente d'arriver de Venise à Toronto. Cela donne un petit «age» au film», estime Luc Déry.

Le premier long métrage de Stéphane Lafleur fait déjà l'objet d'un petit buzz dans le milieu du cinéma québécois. Tourné en super 16 et gonflé en 35 mm, le film possède «une forme particulière, qui dégage beaucoup d'atmosphère, croit Luc Déry. L'image est recherchée et travaillée».

Continental, un film sans fusil ne se laisse pas aisément raconter en quelques mots. «C'est un film à petit déploiement. Il n'y aura pas de grandes explosions», promet Stéphane Lafleur, dont les premiers courts métrages, Karaoke et Snooze, avaient été présentés à Toronto et aux Rendez-vous du cinéma québécois.

Coup d'envoi

Le réalisateur reconnaît que le Festival de Venise donne «un bon coup d'envoi» à Continental. Pour l'avenir du film, Stéphane Lafleur espère «que les gens iront le voir en salle. On espère toujours que le film va trouver son public ici», dit-il.

Créée en 2004, la section «Journées des auteurs» (Venice Days, en anglais) a déjà accueilli un film québécois - et pas le moindre -, C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée. Une présence qui avait eu un bel écho pour ce film mettant en vedette Marc-André Grondin. Pour micro_scope comme pour Stéphane Lafleur, il s'agit toutefois d'une première sélection à Venise. «Mes films sont allés dans plusieurs grands festivals: Sundance, Toronto, Cannes. Dans les majors, le seul qui manquait, c'était Venise», dit Luc Déry.

Le producteur et le réalisateur débutent actuellement un nouveau projet de long métrage. «Il y a de l'eau dans la casserole, mais il manque encore des ingrédients», dit, avec un sens de la formule certain, Stéphane Lafleur. Continental, un film sans fusil, pourrait également être présenté dans un festival de cinéma montréalais avant de prendre l'affiche au Québec à l'automne.

Journées des auteurs

Voici les 13 films retenus dans la section «Journées des auteurs» du Festival de Venise :

Andalucia, Alain Gomis (France/Espagne)
Cargo 200, Alexy Balabanov (Russie)
Continental, un film sans fusil, Stéphane Lafleur (Québec)
Head Under Water, Andreas Kleinert (Allemagne)
Non Pensarci, Gianni Zanasi (Italie)
Plum Rain, Frederic Fisbach (France)
Sympathy for the Lobster, Sabina Guzzanti (Italie)
Sous les bombes, Philippe Aractingi (France, G.-B., Liban)
Superheroes, Ed Radtke (États-Unis)
Tricks, Andrzej Jakimowski (Pologne)
Shall We Kiss?, Emmanuel Mouret (France)
Valzer, Salvatore Maira (Italie)
The Zone, Rodrigo Pla (Espagne/Mexico)