Publié le 8 mars 2012
Gabrielle Duchaine LA PRESSE

Le tournage du premier film québécois en 3D bat son plein ces jours-ci. Pour l’équipe de production de Les pee-wee 3D, les défis techniques sont énormes.


« Tout est différent : le cadrage, les plans, l’approche globale », dit le réalisateur Éric Tessier, une tuque rayée vissée sur la tête.

Dans un aréna humide de Vaudreuil-Dorion, il donne des instructions à un groupe d’adolescents vêtus d’uniformes de hockey bleus ou jaunes. Autour de lui, cameramen, preneurs de sons et autres membres de l’équipe, presque tous chaussés de patins, effectuent un balai serré sur la patinoire.

La jeune Alice Morel-Michaud, vedette du film Frisson des collines, fait quelques arrêts, solidement plantée devant le filet. Une caméra téléguidée suit ses moindres mouvements. Puis... « coupez ! », crie le premier assistant dans un porte-voix blanc. Lentement, la glace se vide. Le 22e jour de tournage de Les pee-wee 3D tire à sa fin.


« N’en reste plus que huit », souffle le producteur Christian Larouche. Le tournage est exigeant. À la base, un film de sport, filmé en grande partie sur la glace et dans un environnement froid et écho, c’est essoufflant. Mais pour la première fois dans l’histoire du cinéma québécois, l’équipe doit en plus composer avec les aléas du 3D. Une technologie qui, à la base, fait grimper les coûts et le temps de production de quelque 35 %, selon M. Larouche.


« C’est beaucoup plus compliqué qu’on pensait », admet le producteur, assis dans une salle de réunion de l’école attenante à l’aréna. « La 3D n’aime ni les reflets ni le blanc. Imaginez ! On est sur une patinoire, avec de la glace blanche et des baies vitrées tout autour. »


Conscient de ces défis, Éric Tessier, dont le dernier film, 5150, rue des Ormes, remonte à moins de deux ans, a passé la dernière année à étudier la 3D. « C’est un nouveau langage qui aura une place de plus en plus grande dans le cinéma, croit-il. Au début, je trouvais que c’était une gimmick, mais aujourd’hui, je crois que ça va vraiment amener quelque chose à l’histoire. »


Pour simplifier le tournage, l’équipe a décidé de tourner en 2D et d’ensuite convertir les images, plutôt que de tout filmer à deux caméras en même temps. « Mais toutes les scènes sont pensées en fonction des trois dimensions », assure Christian Larouche.


Cette troisième dimension amènera-t-elle vraiment quelque chose de différent à l’histoire d’un jeune hockeyeur prodige, interprété par Antoine Olivier Pilon, dont la mère vient de mourir tragiquement ? Oui, répond le réalisateur. « Le hockey (de 30 à 35 % du film se passe sur la glace) est un événement spectaculaire et c’est justement dans ces cas-là que le 3D est à son meilleur. »


Des hockeyeurs débutants
L’autre grand défi du film : le hockey, justement. La plupart des jeunes acteurs n’en avaient pratiquement jamais fait avant les derniers mois. « On a eu plusieurs entraînements », explique Antoine Olivier Pilon, qui savoure l’ambiance de vestiaire qui règne sur le plateau. « Ce qui est difficile, c’est de mélanger jeu d’acteur et sport », note son jeune collègue, William Monette, qui a dû suivre des leçons de hockey particulières en plus de celles offertes par la production.


Le comédien Guy Nadon, qui joue leur entraîneur, en est aussi à ses premières armes dans cet univers. « J’ai fait beaucoup de sport dans ma jeunesse, dont du hockey, mais en terme de stratégie, je ne m’y connais pas beaucoup. J’ai l’habitude de suivre la rondelle », dit-il à la blague.
Heureusement, les doublures, dirigées par le chroniqueur de RDS Gaston Therrien, sont des pros directement recrutés dans une véritable équipe pee-wee AA.

Les pee-wee 3D sortira en salle le 21 décembre. Il met en vedette Claude Legault, Guy Nadon, Sophie Prégent, Julie Le Breton, Antoine Olivier Pilon, Rémi Goulet, Alice Morel-Michaud et bien d’autres.