Atom Egoyan: conjuguer le mal

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Atom Egoyan

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Devil's Knot (Noeud du diable) est le premier film que réalise Atom Egoyan depuis Chloé. Il s'agit d'un film américain, réalisé toutefois dans un contexte de cinéma indépendant.

«Quand j'ai lu ce scénario, qu'on m'a proposé, j'ai eu envie de creuser le sujet davantage, a expliqué le cinéaste lors d'une entrevue accordée à La Presse au Festival international du film de Toronto (TIFF). J'ai vu les documentaires, fait des recherches. Il y a eu ce moment incroyable où j'ai vu la scène du crime, les corps des victimes. L'horreur est très explicite et, pourtant, tout baigne dans le plus profond des mystères. Je souhaitais aussi faire valoir le point de vue d'une mère qui exige que justice soit faite, et celui d'un détective qui analyse les choses plus froidement. Et puis, il y a la mentalité du Sud. La religion prend toute la place. Quand on est là-bas, on la sent présente partout. Ce qu'on appelle la «Bible Belt» est presque une frontière tangible!»

Même si l'affaire a déjà fait l'objet de nombreux reportages et qu'un film documentaire a été lancé il y a deux ans à peine (West of Memphis d'Amy Berg), Atom Egoyan estime qu'on peut porter sur elle différents éclairages.

«À mon avis, cette affaire nous donne l'occasion de nous interroger sur la notion d'innocence de façon unique. Car le meurtre n'est pas résolu. Or, toutes les productions réalisées jusqu'à maintenant autour de cette affaire ont tenté de trouver des explications. Ce crime ne pourrait être plus horrible ou répugnant. Alors comment vit-on avec le doute dans un tel contexte? Surtout quand aucune preuve tangible n'existe? C'est un peu comme si tout cela relevait du surnaturel. J'adore raconter une histoire dans un contexte comme celui-là. Il est vrai que cette affaire a déjà fait l'objet de quelques films, mais il n'est pas dit que tout le monde en connaît les détails. Elle n'a jamais été racontée de cette façon-là, en tout cas.»

Un parallèle?

Lorsque Devil's Knot a été lancé au TIFF, l'an dernier, plusieurs observateurs ont tracé un parallèle avec The Sweet Hereafter (De beaux lendemains), le film le plus acclamé d'Atom Egoyan à ce jour. Ce lien n'apparaît pas de manière évidente aux yeux du cinéaste.

«Honnêtement, cela ne m'a jamais traversé l'esprit. Je sais que bien des gens ne seront pas d'accord, mais, pour moi, le vrai sujet de The Sweet Hereafter n'est pas la douleur d'une communauté après un accident tragique. Le vrai sujet, c'est l'inceste dont a été victime la jeune fille. Et la manière dont elle s'y prend pour essayer de comprendre pourquoi son père a changé de comportement. C'est très dérangeant. Je crois que si les gens avaient eu la même vision de ce film que moi, il n'aurait pas eu autant de succès!»




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