Stranger Things a fait exploser la nostalgie pour les années 80 en arrivant sur Netflix à l'été 2016. En proposant leur nouveau film deux ans plus tard, les réalisateurs de Summer of 84 s'attendent à être comparés. Pour le meilleur et pour le pire.

Samuel Larochelle LA PRESSE

D'entrée de jeu, le trio précise que son dernier film était en chantier avant que la diffusion de Stranger Things ne soit annoncée. Par contre, lorsque l'émission a enflammé Netflix, ils ont eu la frousse. 

« On se demandait si c'était la même chose, dit le coréalisateur Yoann-Karl Whissell. Si Stranger Things avait été l'histoire d'un tueur en série, on aurait probablement jeté 18 mois de travail à la poubelle. »

Refusant d'abord de regarder la série, pour ne pas se laisser influencer, ils ont fini par flancher. « On ne pouvait pas se permettre d'avoir des choses trop semblables, dit la coréalisatrice Anouk Whissell. Finalement, on a constaté que c'était très différent, particulièrement dans le ton. »

Son amoureux et collègue, François Simard, indique qu'ils ont néanmoins changé un élément.

« On a enlevé des références à Donjons et Dragons dans notre film à cause de Stranger Things. Mais je suis quand même reconnaissant envers l'émission. Peut-être que ça a aidé notre film à se faire financer, quand les gens se sont aperçus qu'il y avait un énorme public pour ce genre. »

- François Simard

Toutefois, le budget de Summer of 84 est loin, très loin de celui de Stranger Things. « Un épisode de la série coûte plus cher que notre film au complet ! affirme Yoann-Karl Whissell. On ne doit surtout pas se comparer à eux. » Les moyens dont disposaient les créateurs pour évoquer les années 80 et laisser libre cours à leurs idées étaient donc très différents. À ce sujet, François Simard espère suivre les traces d'un certain Denis Villeneuve. « Il a commencé avec de petits budgets pour ses films québécois avant d'en obtenir d'énormes. »

Reste à voir si les gens de l'industrie verront les choses du même oeil. « Le danger, c'est qu'ils voient ce qu'on a réussi à faire avec Turbo Kid et qu'ils nous demandent de le faire encore », souligne Yoann-Karl Whissell. Et sa soeur d'ajouter : « On aimerait que les gens se disent : "Ils ont réussi à faire ça avec tant d'argent, imagine ce qu'ils pourraient faire si on leur en donnait plus !" »

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Une scène du film Summer of 84