Chaque année, de mai à septembre, Montréal et plusieurs régions québécoises accueillent les tournages de nombreux longs métrages québécois et étrangers. Cette semaine, notre article porte sur le film québécois Jouliks, dont le tournage a commencé jeudi dernier.

André Duchesne LA PRESSE

Près de dix ans après Les pieds dans le vide, la comédienne et réalisatrice Mariloup Wolfe a entamé hier le tournage de son deuxième long métrage, Jouliks. Ce film est une adaptation de la pièce de théâtre éponyme de Marie-Christine Lê-Huu, qui en signe le scénario.

Pour l'auteure et maintenant scénariste, cette première expérience de faire passer un de ses textes de la scène au grand écran a été riche de nouveaux enseignements.

« Ç'a été un long processus de développement, dit Mme Lê-Huu en entrevue téléphonique. Comme je n'avais jamais écrit un scénario de film, j'ai appris des choses sur les codes cinématographiques en même temps que je travaillais dessus. C'est une démarche complètement différente. Ma pièce tenait sur dix scènes, alors qu'ici, je pense qu'il y en a 120, 130. »

« Au théâtre, poursuit-elle, nous sommes beaucoup dans l'évocation. On dit des choses et les gens se font, pour la plupart, des images de ce que l'on évoque. Alors qu'au cinéma, on montre. C'est un transfert qui a été très intéressant à faire, mais qui a été un autre travail loin du métier que je connaissais. »

Jouliks (« voyou », selon son origine russe) raconte l'histoire de Yanna, une enfant de 7 ans dont les parents, Zak et Véra, sont morts de façon tragique, selon ce que racontent les médias. Mais pour la fillette, c'est avant tout une histoire d'amour extraordinaire.

« C'est une histoire d'amour vue par l'enfant du couple, dit Mme Lê-Huu. Il y a ce côté lumineux d'une enfant qui a une éducation très libre, loin des convenances, et qui va voir l'espèce de pression de la rectitude abîmer ce qu'elle aime le plus au monde : le couple que ses parents forment. C'est quelque part un film sur l'amour, sur la quête de soi, sur la liberté et toutes les choses qui entravent nos libertés. »

Comme Mme Lê-Huu, qui a écrit une douzaine de pièces de théâtre, a signé le scénario, elle n'a pas l'impression de laisser partir son oeuvre. « J'ai plutôt le sentiment de l'accompagner », dit-elle.

De plus, elle salue la grande ouverture d'esprit de Mariloup Wolfe à la réalisation. « Mariloup est vraiment une trooper, dit-elle. Elle travaille en équipe. Elle ne va pas s'approprier le film pour en faire quelque chose d'éloigné de ce que j'imaginais. Elle était soucieuse qu'il y ait une continuité. »

Mariloup Wolfe a exprimé son enthousiasme à participer au projet, dans un communiqué. « J'aime l'écriture de Marie-Christine Lê-Huu, dit-elle. Elle raconte une histoire qui arrache les tripes et qui fait réfléchir. Ce qui est beau dans ce film est que même si les personnages sont écorchés, que leur destin est ébranlé à jamais, une belle lumière se dégage de ce récit. »

SYNOPSIS

Un couple mort par noyade. Un fait divers qui sera rapporté ainsi dans les journaux. Refusant que ses parents soient désormais résumés à ce drame, Yanna, leur fille de 7 ans, nous raconte leur vraie histoire, celle qui n'est pas une tragédie, mais avant tout une histoire d'amour. Par son récit lumineux, on apprendra les détails d'une vie qui se voulait à l'abri des convenances et des idées reçues. Une vie libre, s'écoulant au rythme de la pluie et des saisons et marquée par la passion dévorante de Zak et Véra, ses parents.

SCÉNARISTE ET RÉALISATRICE

Marie-Christine Lê-Huu et Mariloup Wolfe

ACTEURS

Lilou Roy-Lanouette (Yanna), Jeanne Roux-Côté (Véra), Victor Andrés Trelles Turgeon (Zak) ainsi que Christiane Pasquier, Michel Mongeau, Paul Ahmarani, Melissa Toussaint et Jérémie Earp

PHOTO FOURNIE PAR LE GROUPE TÉLÉFICTION

Victor Andrés Trelles Turgeon (Zak) et Jeanne Roux-Côté (Véra) incarnent les parents de Yanna dans Jouliks.