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Les curiosités du cinéma québécois: Le grand rock

Une scène du film Le grand rock... (Photo fournie par Éléphant)

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Une scène du film Le grand rock

Photo fournie par Éléphant

Jusqu'à la fin de juillet, nous découvrons un film méconnu du répertoire Éléphant, voué à la mémoire du cinéma québécois. Cette semaine: Le grand rock.

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Le grand rock

Photo fournie par Éléphant

Le grand rock (1969)

Film d'action de Raymond Garceau

Avec Guy Thauvette, Francine Racette et Ian Ireland.

Un film d'action qui se passe en région. En 1969, on n'avait pas vraiment vu ça au cinéma québécois, et c'était un peu le but du réalisateur Raymond Garceau qui, à son premier long métrage, voulait offrir un film grand public dont l'histoire se passe ailleurs qu'à Montréal. Ici, on est dans les Laurentides, avec comme héros principal ce grand Rock (Guy Thauvette), un beau jeune homme de la campagne aux prises avec les mêmes dangers qu'un urbain, c'est-à-dire la tentation de la criminalité pour des raisons d'argent.

C'est que notre grand Rock, un trappeur heureux de vivre dans le bois, a eu la mauvaise idée de se marier à Régine (Francine Racette), une coquette qui veut un train de vie plus flamboyant. On le sait, depuis Adam et Ève, quand un homme tombe dans le péché, c'est toujours la faute d'une femme... 

Au fond, la faute originelle du grand Rock est de quitter l'innocence de son rustique jardin d'Éden pour les valeurs capitalistes d'une petite bourgeoise, ce qui le mènera à commettre un vol de banque aux conséquences funestes. D'ailleurs, on y souligne que dans les années 60, il y a plus de braquages de banques au Québec que dans certaines grandes villes américaines.

Mais avant d'arriver à la déchéance du grand Rock, il faut traverser ce film très étrange, qui contient quelques séquences qui ont presque une valeur ethnologique où, par moments, on pense à La bête lumineuse de Pierre Perrault dans ses instants les plus «malaisants». Ainsi, nous pouvons découvrir cette brutale tradition de l'enterrement de vie de garçon, avant le mariage du grand Rock, qui consiste à pratiquement torturer une dernière fois son chum de gars avant qu'il ne devienne un monsieur. Rituel viril souvent alcoolisé, humiliant, pas mal plus dur qu'un simple bien-cuit, disons, saupoudré de blagues racistes. D'autres scènes montrent des partys où tout le monde participe joyeusement à des «chansons à répondre», et on sent que les figurants sont des gens de la place, et que la pratique était encore populaire à l'époque.

Enfin, on voit un orignal mourir pour vrai, et deux fois plutôt qu'une. Dans ce temps-là, on ne précisait pas au générique qu'«aucun animal n'a été maltraité pendant le tournage de ce film». D'ailleurs, à ce sujet, on sent carrément une honte chez Guy Thauvette, dans la petite introduction qu'on offre avant chaque film sur la plateforme Éléphant. Il raconte comment l'équipe a trouvé, in extremis, un orignal à tuer pour les besoins du film, et ce n'est manifestement pas un bon souvenir pour lui qui, non seulement le tire à bout portant, mais lui plante ensuite un couteau dans le cou.

Comme si ce n'était pas assez étrange comme ça, le film est accompagné d'une chanson intense et sirupeuse qui demande: «Pourquoi mon gars as-tu fait ça?» On pense autant à l'orignal qu'au vol de banque... Le grand rock est un film très inégal, mais qui contient des moments particuliers, et qui baigne dans une atmosphère différente des autres films de la fin des années 60. Juste pour ça, il mérite d'être ajouté à la culture générale du cinéphile.

Ce film est disponible sur iTunes et Illico, et non sur le site web d'Éléphant directement.




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