À deux semaines du début du tournage, la productrice Nicole Robert (GO Films) était rongée par le doute en raison des enjeux légaux liés au film. «L'affaire Dumont est le film qui a le plus grugé mon énergie, indique-t-elle. J'ai pensé qu'on n'arriverait pas à le faire.»

Publié le 8 sept. 2012
André Duchesne LA PRESSE

Pourquoi? Parce que l'affaire implique plusieurs personnes encore vivantes et associées à des procédures judiciaires. Il fallait être très prudent dans ce qui pouvait être dit ou non.

«Nos assureurs et leurs avocats ont évalué tous les risques de poursuites que courions. Et ils étaient nombreux, ajoute Mme Robert. Je croyais qu'une chose qui s'était réellement passée tombait dans le domaine public et qu'on avait le droit de la raconter. Mais il existe le principe du droit à l'oubli qui, comme le droit à l'image, est plus fort que le droit à la liberté d'expression.»

Ainsi, le film montre des impairs dans les procédures judiciaires. Mais les événements remontent à si loin que les artisans ne pouvaient jeter le blâme sur une personne ou une profession en particulier.

«Au bout du compte, nous sommes contents et en paix avec l'histoire mise à l'écran. On a fait la part des choses. On a relaté ce qui nous apparaissait comme les faits», assure la productrice.