Argo entre dans l'histoire

Le comédien et réalisateur Ben Affleck a reçu... (Photo: AFP)

Agrandir

Le comédien et réalisateur Ben Affleck a reçu l'Oscar du meilleur film pour Argo.

Photo: AFP

Argo est le premier film depuis Driving Miss Daisy (en 1990) a obtenir l'Oscar du meilleur film de l'année sans que son réalisateur, Ben Affleck, ne soit en lice dans la catégorie de la meilleure réalisation. Inspiré de la crise des otages américains en Iran en 1979, Argo a aussi obtenu l'Oscar de la meilleure adaptation, de même que celui du meilleur montage.

À titre de coproducteur, Ben Affleck a eu l'occasion de s'exprimer sur scène et a livré un discours fébrile, au cours duquel il a notamment remercié le Canada et l'Iran.

Ang Lee a créé une certaine surprise en obtenant l'Oscar de la meilleure réalisation grâce à Life of Pi. Brokeback Mountain avait déjà valu le même honneur au cinéaste taïwanais il y a sept ans. L'adaptation du roman de Yann Martel, s'est aussi inscrite au palmarès grâce à la direction photo (Claudio Miranda), aux effets visuels, de même que grâce à la trame musicale, composée par le Canadien Mychael Danna.

Lincoln, souvent nommé, n'aura obtenu que deux Oscars: meilleur acteur et meilleure direction artistique. Daniel Day-Lewis s'inscrit d'ailleurs dans l'histoire en devenant le premier acteur à obtenir un troisième Oscar en carrière dans la catégorie d'interprétation principale.

«C'est drôle, car il y a trois ans, Meryl Streep était le premier choix de Steven Spielberg pour jouer Lincoln et moi je devais jouer Margaret Thatcher!»

Jennifer Lawrence aura de son côté sauvé l'honneur de Silver Linings Playbook en étant sacrée meilleure actrice.

Le Québec retient son souffle

Le cinéma québécois était brillamment représenté à la 85e cérémonie des Oscars, tenue hier soir à Hollywood, mais les artisans des films sélectionnés n'ont pas été appelés sur la scène du Dolby Theatre. Curfew (Shawn Christensen) a été préféré à Henry (Yan England) dans la catégorie du meilleur court métrage. Vingt minutes plus tard, tous les pronostics ont été confirmés quand Amour a obtenu l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Sur scène, l'auteur cinéaste autrichien Michael Haneke, déjà lauréat de la Palme d'or du Festival de Cannes l'an dernier, a tenu à rendre hommage à ses deux interprètes, Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant. «Sans eux, je ne serais pas ici ce soir».

Plusieurs productions primées

La première statuette de la soirée fut remise à Christoph Waltz, meilleur acteur de soutien grâce à sa performance dans Django Unchained. Écarté de la course aux SAG Awards il y a quelques semaines, l'acteur autrichien est tout de même allé cueillir son deuxième Oscar en carrière, à peine trois ans après en avoir obtenu un grâce à Inglourious Basterds, le précédent film de Quentin Tarantino.

Après avoir remercié ses partenaires de jeu, parmi lesquels Jamie Foxx et Leonardo DiCaprio, Christoph Waltz a rendu hommage au créateur de Django Unchained, Quentin Tarantino. «Tu peux gravir des montagnes parce que tu n'as pas peur, lui a-t-il dit. Et tu traverses le feu parce que ça en vaut la peine!»

Tarantino devait d'ailleurs monter sur scène plus tard dans la soirée pour mettre la main sur l'Oscar du meilleur scénario original. «Cette année sera celle des scénaristes!», a-t-il déclaré.

Du côté de l'actrice de soutien, aucun pronostic n'a été déjoué. Établie grande favorite depuis le début de la course, Anne Hathaway a obtenu la statuette grâce à sa performance vibrante dans Les Misérables. Très émue en remerciant l'équipe du film et ses partenaires de jeu, l'actrice a terminé son discours de remerciement en évoquant son personnage.

«Je garde espoir qu'à l'avenir, les malheurs de Fantine se retrouvent seulement dans les histoires, et non dans la vraie vie.»

Les Misérables s'est aussi distingué dans les catégories techniques en en enlevant l'Oscar des meilleurs maquillages et du meilleur mixage sonore.

Comme il fallait s'y attendre, l'oscar des meilleurs costumes est allé à Anna Karenina. Zero Dark Thirty, le film controversé de Kathryn Bigelow, s'est inscrit au tableau d'honneur de justesse en emportant ex aequo avec Skyfall l'Oscar du meilleur montage sonore. Parlant du 23e James Bond, Skyfall, le film de Sam Mendes s'est aussi distingué grâce à sa chanson thème, cosignée et interprétée par Adèle.

L'Oscar du meilleur long métrage d'animation a par ailleurs été remis à l'équipe de Brave, une production des studios Pixar; et celui du meilleur long métrage documentaire à l'excellent Searching for Sugar Man (Malik Bendjelloul).

Pour sa première fois à l'animation des Oscars, Seth MacFarlane, créateur de la série Family Guy et réalisateur du film Ted, n'a pas fait l'unanimité, notamment à cause d'un numéro d'ouverture d'un goût plutôt douteux.

La soirée fut cependant marquée par un hommage à James Bond, qui fête son 50e anniversaire au cinéma cette année. L'immortelle Shirley Bassey a chanté Goldfinger pour l'occasion. Barbara Streisand a de son côté rendu hommage au compositeur disparu Marvin Hamlisch en chantant The Way We Were. Ce fut le plus beau moment de la soirée.




À découvrir sur LaPresse.ca

  • Le grand paradoxe

    Oscars

    Le grand paradoxe

    C'est vrai. L'Amérique n'aime rien de mieux que de se congratuler elle-même. On la dit arrogante, fermée aux autres cultures, matamore dans sa façon... »

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer