En plus d’avoir conquis le théâtre, la télé, l’opéra et la littérature, Michel Tremblay a écrit pour le cinéma. Voici quatre de ses plus glorieux exploits, à quelques jours de la sortie de Nos belles-sœurs, film musical de René Richard Cyr inspiré de son illustre pièce.

Françoise Durocher, waitress (1972)

Incarnée par 24 actrices et 1 acteur, Françoise Durocher est serveuse, fille de table, waitress, barmaid et hôtesse. Bien qu’elles portent toutes le même nom, certaines évoquent des personnages phares de l’œuvre du grand dramaturge, dont Thérèse (bouleversante Luce Guilbault), portée sur la bouteille, et Pierrette Guérin (déchirante Michelle Rossignol), abandonnée par son chum Johnny. Dédié à « toutes les waitress fines du Québec », ce court métrage choral de 29 minutes, tour à tour cocasse, corrosif et cruel, est la première incursion d’André Brassard, scénariste et réalisateur, et de Michel Tremblay, dialoguiste, au cinéma.

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Il était une fois dans l’Est (1974)

Une distribution stellaire livre des performances hautes en couleur dans ce premier long métrage du tandem Tremblay-Brassard. Côté Plateau, Germaine Lauzon (Manda Parent) vient de gagner 1 million de timbres-primes. Côté Main, Hosanna (Jean Archambault) s’apprête à en mettre plein la vue avec son costume de Cléopâtre au cabaret de travestis. Dans cette étourdissante mosaïque des pièces de Tremblay, jalousie, trahison et désespoir feront bientôt voler en morceaux les rêves de cette faune pittoresque où évoluent Hélène (Denise Filiatrault), Pierrette (Michelle Rossignol) et Bec de Lièvre (Amulette Garneau).

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Le soleil se lève en retard (1977)

Actrice emblématique dans l’univers de Tremblay, la grande Rita Lafontaine incarne avec sensibilité une modeste secrétaire célibataire dans la trentaine qui, encouragée par sa sœur, incarnée avec panache par l’incontournable Denise Filiatrault, s’inscrit à une agence de rencontres. Entre alors en scène l’humoriste Yvon Deschamps, totalement touchant en vieux garçon gauche et timide. Bercée par la musique de Beau Dommage, campée dans le quartier Rosemont, cette comédie dramatique douce-amère d’André Brassard et de Michel Tremblay s’éloigne de la fureur et des excès de leur précédent long métrage. Tendre et tragique à la fois.

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Parlez-nous d’amour (1976)

Coqueluche du public féminin qu’il méprise, Jeannot (Jacques Boulanger) en a marre des magouilles qui se trament dans les coulisses de son émission bien qu’il en retire quelques profits. Réalisé par Jean-Claude Lord, qui signe le scénario avec Michel Tremblay, cet audacieux drame de mœurs livre un portrait on ne peut plus décapant du milieu artistique dont certains aspects demeurent, hélas !, pas si loin de la réalité d’aujourd’hui. Populaire animateur et chanteur à l’époque, Jacques Boulanger a failli perdre sa carrière pour avoir endossé avec courage et conviction un rôle peu flatteur.

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