(Los Angeles) Après avoir combattu de puissants ennemis à travers l’espace et le temps, les invisibles chasseurs extraterrestres de la saga Predator ont un nouveau — ou plutôt un vieil — ennemi en la personne d’une guerrière comanche du 18e siècle.

L’antépisode Prey (proie en anglais), qui sort vendredi aux États-Unis sur Hulu, prend peut-être la tournure la plus improbable de la saga Predator, qui a débuté en 1987 avec Arnold Schwarzenegger.

Depuis, les créatures chasseuses assoiffées de sang ont massacré des humains dans la jungle d’Amérique centrale, à Los Angeles et sur des planètes lointaines, se frottant même aux monstres de la franchise Alien dans deux films.

L’intrigue du dernier opus prend place en Amérique du Nord et bien plus tôt, en 1719, le prédateur y pourchassant pêle-mêle guerriers comanches, trappeurs français et bisons.

Lors d’une avant-première au Comic-Con de San Diego, le mois dernier, le réalisateur Dan Trachtenberg a expliqué avoir puisé son inspiration dans le fait que les « Amérindiens, et plus particulièrement les Comanches, sont souvent relégués au rang d’acolytes ou de méchants, et jamais de héros » dans l’industrie du cinéma.

Au 19e siècle, les membres de cette tribu ont affronté les Européens et d’autres peuples autochtones dans les plaines du sud des États-Unis actuels, gagnant une réputation de redoutables guerriers.

Hollywood les a souvent dépeints comme des ennemis brutaux, comme dans le western culte de John Ford, La prisonnière du désert (1956).

Dans Prey, l’actrice amérindienne Amber Midthunder incarne Naru, une jeune femme comanche qui doit à la fois combattre le sexisme au sein de sa tribu et le monstre invisible qui les traque.

La décision de 20th Century Studios, qui appartient à Disney, de « soutenir un film d’action qui non seulement a une héroïne, mais en plus une héroïne autochtone… C’est quelque chose que je ne crois pas avoir jamais vu », a confié l’actrice.

Les répliques du film ont été enregistrées en anglais, français et comanche, mais les acteurs amérindiens ont ensuite réenregistré leur texte pour que le long métrage puisse être joué en entier en langue indigène, une première pour une grosse production selon la productrice Jhane Myers, elle-même Comanche.