(Paris) Décédé brutalement mercredi à l’âge de 37 ans après un accident de ski, Gaspard Ulliel pouvait aussi bien, avec sa gueule d’ange, jouer les jolis garçons que les « bad boys », n’hésitant pas à jouer de son ambiguïté pour incarner à l’écran Yves Saint Laurent ou l’écrivain faisant ses adieux dans Juste la fin du monde.

Publié le 19 janvier
Sophie LAUBIE et Alexandra DEL PERAL Agence France-Presse

Sa dernière apparition sur les écrans remonte à l’automne dernier où il partageait l’affiche de la comédie La vengeance au triple galop d’Alex Lutz avec Leïla Bekhti et Audrey Lamy.

  • Gaspard Ulliel et Xavier Dolan au Festival de Cannes en mai 2016

    PHOTO ANNE-CHRISTINE POUJOULAT, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    Gaspard Ulliel et Xavier Dolan au Festival de Cannes en mai 2016

  • Jérémie Renier et Gaspard Ulliel dans Saint Laurent de Bertrand Bonello

    PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS

    Jérémie Renier et Gaspard Ulliel dans Saint Laurent de Bertrand Bonello

  • Gaspard Ulliel avait accompagné le film La danseuse en compétition dans la section Un certain regard au Festival de Cannes en mai 2016.

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    Gaspard Ulliel avait accompagné le film La danseuse en compétition dans la section Un certain regard au Festival de Cannes en mai 2016.

  • Gaspard Ulliel et Emmanuelle Béart étaient présents au Festival de Cannes en mai 2003 pour le film Les égarés d’André Téchiné.

    PHOTO FRANÇOIS GUILLOT, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    Gaspard Ulliel et Emmanuelle Béart étaient présents au Festival de Cannes en mai 2003 pour le film Les égarés d’André Téchiné.

  • En février 2005, Gaspard Ulliel reçoit le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Un long dimanche de fiançailles.

    PHOTO JACQUES BRINON, ASSOCIATED PRESS

    En février 2005, Gaspard Ulliel reçoit le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Un long dimanche de fiançailles.

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Deux ans auparavant, il était à l’affiche du film Sibyl de Justine Triet avec Virginie Efira et Adèle Exarchopoulos. Le film avait été présenté en compétition au Festival de Cannes de 2019.

Devenu en quelques années un acteur phare du cinéma français, Gaspard Ulliel est de la distribution de Moon Knight, série Marvel, prochainement diffusée sur Disney+.

Révélé en 2003, à 19 ans à peine, dans Les égarés d’André Téchiné aux côtés d’Emmanuelle Béart, Gaspard Ulliel avait impressionné en 2014 pour son interprétation du couturier Yves Saint Laurent dans Saint Laurent de Bertrand Bonello.

Il avait été nommé pour le César du meilleur acteur pour ce film, mais s’était vu damer le pion par son concurrent Pierre Niney dans Yves Saint Laurent.

Deux Césars

Né le 25 novembre 1984 de parents stylistes, Gaspard Ulliel a passé son enfance entre l’école et l’appartement familial, dans le centre de Paris, où il dessinait pendant des heures.

C’est une amie de sa mère qui lui propose d’intégrer l’agence de comédiens qu’elle vient de créer. Il n’a que 11 ans, mais il obtient très vite un petit rôle dans un téléfilm.

Après quelques stages d’été au cours Florent, il s’inscrit après son bac à l’université de Saint-Denis pour des études de cinéma qu’il abandonnera d’autant plus vite que sa carrière va vite décoller.

Il est remarqué par Michel Blanc qui lui offre en 2002 un rôle dans une comédie à succès, Embrassez qui vous voudrez.

Mais le révélateur, ce sera André Téchiné avec Les égarés où il incarne Yvan, un garçon plutôt sauvage qui, pendant l’exode, traverse les routes de France avec deux enfants et leur mère. Pour ces deux films, Gaspard Ulliel est nommé au César du Meilleur espoir masculin en 2003 et en 2004.

C’est la troisième fois qui sera la bonne : il décrochera la statuette en 2005 grâce à Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, dans lequel il incarne Manech, le fiancé de Mathilde (Audrey Tautou), disparu en 1917 dans les tranchées.

Égérie

Son éclectisme ne se dément pas : en 2009, on le retrouve en fils d’Isabelle Huppert dans Un barrage contre le Pacifique de Rithy Panh, mais aussi en rejeton de Jean Reno dans un thriller, Le premier cercle. En 2010, il joue Henri de Guise dans La princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier.

Devenu un acteur de premier plan, il enchaîne les tournages, y compris aux États-Unis dans Hannibal Lecter : les origines du mal, qui conte les jeunes années du tueur en série cannibale. Son premier rôle en anglais.

En 2017, il rafle le César du meilleur acteur pour son rôle bouleversant dans Juste la fin du monde du prodige québécois Xavier Dolan, sur un écrivain qui, après douze ans d’absence, vient annoncer à sa famille qu’il va mourir.

Son visage et sa silhouette de jeune premier, il les affiche aussi dans les défilés de mode et les films publicitaires.

Un contrat signé avec Chanel pour laquelle il devient l’égérie d’un parfum lui a fait dire : « Tout à coup, j’ai eu un confort financier qui m’a permis de choisir, d’attendre, de ne pas inonder les écrans ».

Un de ses metteurs en scène, Rodolphe Marconi, qui l’a fait tourner dans Le dernier jour, dit de lui : « Gaspard est un ciel bleu traversé de nuages qui n’éclatent jamais. Un garçon étrange, difficile à percer. Il a sûrement une fêlure, le jour où ça va s’ouvrir, ça va faire mal… ».

L’acteur était père d’un petit garçon.