Le milieu artistique est sous le choc depuis l’annonce, en toute fin de soirée dimanche, de la mort soudaine de Jean-Marc Vallée dans un chalet de la région de Québec. Il était âgé de 58 ans, et les circonstances du décès étaient encore inconnues au moment d’écrire ces lignes.

Mis à jour le 27 déc. 2021
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

D’abord annoncée par le site spécialisé américain Deadline, la triste nouvelle a été confirmée à La Presse par Pierre Even, producteur du film C. R. A. Z. Y. Dimanche, vers 14 h 30, la Sûreté du Québec s’est rendue à une résidence secondaire de Berthier-sur-Mer, où le décès du cinéaste a été constaté. Au terme de leur enquête, aucun élément criminel n’a été relevé et le dossier a été transféré au coroner.

Né à Montréal en 1963, Jean-Marc Vallée s’est fait connaître à titre de cinéaste en 1995 en signant la réalisation de Liste noire, un thriller dont les têtes d’affiche étaient Michel Côté et Geneviève Brouillette. Il connaîtra la reconnaissance internationale 10 ans plus tard grâce à C. R. A. Z. Y., film qui, à ce jour, détient toujours le record du plus grand nombre de trophées – 15 – remis à une seule production dans le cadre d’un gala de cinéma québécois.

PHOTO ANNE MARIE FOX, FOURNIE PAR REMSTAR

Jean-Marc Vallée en compagnie de Matthew McConaughey lors du tournage de Dallas Buyers Club

Ce grand succès amènera Jean-Marc Vallée à tourner The Young Victoria, son premier long métrage anglophone destiné au cinéma, de même que Café de Flore. Sa réputation enviable dans la direction d’acteurs à Hollywood s’impose en 2013 grâce à Dallas Buyers Club, un film tourné avec de modestes moyens, qui sera cité six fois aux Oscars (notamment dans la catégorie du meilleur film de l’année) et qui vaudra à Matthew McConaughey l’Oscar du meilleur acteur et à Jared Leto, celui attribué au meilleur acteur de soutien.

Après Wild (avec Reese Witherspoon) et Demolition (avec Jake Gyllenhaal), le cinéaste s’est tourné avec éclat vers la série de prestige, réalisant notamment tous les épisodes de Big Little Lies, qui lui vaudra de nombreux prix (dont le Emmy Award de la meilleure réalisation), de même que la série Sharp Objects. La réalisation d’une autre série, Gorilla and the Bird, figurait dans ses projets, de même qu’un long métrage sur l’histoire de John Lennon et Yoko Ono.

Au journal Variety, son partenaire à la production Nathan Ross a déclaré : « Jean-Marc prenait le pari de la créativité, de l’authenticité, et de tenter de faire les choses différemment. Il était un véritable artiste et un homme aimant et généreux. Tous ceux qui ont travaillé avec lui ne pouvaient faire autrement que d’admirer son talent et sa vision. Il était pour moi un ami, un partenaire créatif et un frère. Le maestro nous manquera grandement mais nous trouverons réconfort en sachant que son beau style et l’œuvre qu’il a partagée avec le monde vivront encore. »