(Venise) L’espoir pour l’avenir du cinéma en salles était au cœur des préoccupations de plusieurs, mercredi, à l’ouverture du Festival international du film de Venise.

Lindsey Bahr Associated Press

Face au variant Delta et aux dures épreuves subies par l’industrie cinématographique mondiale l’année dernière, la 78e édition du plus ancien festival du monde est revenue, avec précautions sanitaires, pour célébrer le meilleur du cinéma, que ce soit de jeunes loups ou des vétérans établis, comme Jane Campion et Pedro Almodóvar.

« J’ai le sentiment et l’impression que tout le monde est prêt à revenir, prêt à recommencer, prêt à sortir les films qui sont restés sur les tablettes pendant deux ans, a déclaré le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, à l’Associated Press. Et l’espoir, c’est que le public revienne dans les salles, ce qui est la meilleure façon de regarder un film. »

M. Barbera voit tout de même du bon dans le visionnement sur demande (VSD) : le festival accueille à nouveau cette année plusieurs films produits par et pour Netflix, dont Le pouvoir du chien de Campion, avec Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst — et qui compte dans ses rangs le producteur québécois Roger Frappier.

« Nous savons tous qu’après la réouverture, la situation sera complètement différente : les plates-formes (de VSD) sont là pour rester, mais le cinéma, les cinémas ne disparaîtront pas, a estimé M. Barbera. Nous serons confrontés à une sorte de système hybride […] cinémas et plates-formes. »

« Je pense que c’est une grande opportunité pour le public et pour les cinéastes aussi, parce que ça signifie beaucoup d’investissements en termes de productions », a-t-il ajouté.

Bong Joon Ho, réalisateur de Parasite, qui préside le jury principal, a déclaré que l’année dernière « avait été un test qui a montré la force vitale du cinéma ».

« Je ne crois pas que l’histoire du cinéma puisse être arrêtée si facilement. Alors la COVID passera et le cinéma continuera », a déclaré le réalisateur sud-coréen en conférence de presse mercredi.

En tant que président du jury, qui comprend la réalisatrice américaine Chloé Zhao (Nomadland) et l’actrice britannique Cynthia Erivo, M. Bong et ses collègues jurés auront la lourde tâche de décider quel film remportera le très convoité Lion d’or, qui a lancé certains films vers les Oscar. Le Lion d’or de l’an dernier, Nomadland, a remporté ensuite l’Oscar du meilleur film et de la meilleure réalisation.

Parmi les films et cinéastes les plus en vue en compétition cette année, on retrouve Le pouvoir du chien de Campion, La main de Dieu de Paolo Sorrentino, The Card Counter de Paul Schrader, Mères parallèles d’Almodovar et Spencer de Pablo Larraín, sur la princesse Diana. Il y a 21 films au total en compétition à la Mostra.

Le jury comprend aussi le documentariste roumain Alexander Nanau (L’Affaire collective), l’actrice franco-belge Virginie Efira (Adieu les cons), l’actrice canadienne Sarah Gadon (Captive) et le réalisateur italien Saverio Costanzo (L’amie prodigieuse pour la télé).

La Mostra a été l’un des seuls festivals en 2020 à tenter une manifestation « en personne ». Cette année, il y aura plus de monde, mais les invités sont également soumis à des contrôles et à une vérification de vaccination ou à un test négatif. Les salles fonctionnent à 50 % de leur capacité et tout le monde est tenu de porter le masque à l’intérieur.

La Mostra de Venise se déroule jusqu’au 11 septembre.