(Cannes) Ses acteurs favoris, ses critères pour la Palme : le président du jury du Festival de Cannes Spike Lee s’est prêté vendredi aux confidences avec des jeunes employés de l’hôtel Martinez recrutés pour promouvoir la diversité.

Le réalisateur afro-américain s’était levé tôt pour faire du vélo à l’aube. À son retour, 17 jeunes professionnels de tous horizons, débutants, anciens décrocheurs, réfugiés, étudiants étrangers, recrutés dans le réseau du groupe Hyatt et en renfort durant le Festival de Cannes, l’attendaient pour un échange à bâtons rompus, en présence de l’AFP.

« Levez la main ceux qui ont vu mes films ! », a-t-il lancé pour briser la glace, obtenant une ou deux timides mains levées puis plus de succès quand le directeur de l’hôtel Yann Gillet a cité un de ses films les plus connus Inside Man : l’homme de l’intérieur (2006).

Pendant une demi-heure, le personnel y est allé de ses questions en anglais sur ses débuts, ses projets, la pandémie, le foot, ses pronostics pour la finale de l’Euro, son temps libre — « Du temps libre ? ! Je n’en ai pas, sauf pour dormir ! », s’est-il exclamé –, le mouvement Black Live Matters, et même la façon dont il note chaque film.

« Très bonne question ! », a répondu la vedette new-yorkaise : « Je regarde l’originalité, la performance des acteurs, le travail de la caméra et ce que je ressens, l’émotion que ça me procure ».

À propos du jury, il a ajouté : « Chacun a une opinion différente. On n’aime pas tous les mêmes chansons ni les mêmes émissions télévisées et à la fin, les neuf membres votent. J’ai promis aux gens du jury que je ne serai pas un dictateur, que je serai démocratique… mais jusqu’à un certain point, puisque si le jury est partagé à quatre contre quatre, c’est moi qui décide ! On va se marrer ! ».

« On ne voit pas les films ensemble », a-t-il précisé.

Revenant sur Malcom X, le film dont il est le plus fier, il a confié à l’intention de son jeune auditoire : « Un film biographique, ça peut avoir l’air glamour, mais c’est un gros, gros travail. Le truc à garder en tête, c’est que quand on aime quelque chose, on n’a pas l’impression de travailler ».

« Denzel Washington est le plus grand acteur sur terre », a-t-il ajouté, citant aussi parmi ses préférés l’acteur américain Adam Driver, interprète principal dans le film Annette en lice pour la Palme d’or, ou son compatriote Samuel L. Jackson, et parmi les comédiens français, Jean-Paul Belmondo — « Je sais qu’il n’est plus tout jeune », s’est excusé Spike Lee — et Jean Reno.