Place aux cinéastes afrodescendants à la Cinémathèque québécoise. En juin, l’institution revisitera l’histoire du cinéma noir – des nouveaux venus aux pionniers – en réservant une place spéciale à la relève et aux réalisateurs émergents.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

En collaboration avec la Fondation Fabienne Colas et le Festival international du film black de Montréal, le cycle Noir.e.s à la caméra sera présenté au public du 1er au 30 juin, une première dans l’histoire de la Cinémathèque.

Films d’animation, documentaires, cinéma expérimental : plus de 50 longs et courts métrages font partie de cette ambitieuse programmation, des cinéastes locaux à ceux de l’Afrique francophone.

Myriam Charles, figure de proue de la relève cinématographique afrodescendante, est entre autres mise à l’honneur. « Elle a une signature forte qui se révélera encore plus lors des prochaines années », affirme Guillaume Lafleur, directeur de la programmation de la Cinémathèque.

Les films sélectionnés présentent une grande diversité de vécus et de thèmes.

Il y a autant des films militants que des longs métrages plus optimistes.

Guillaume Lafleur, directeur de la programmation de la Cinémathèque

On célèbre ainsi le cinéma muet d’Oscar Micheaux ou encore le cinéma d’animation et de science-fiction, avec Battledream Chronicle, du Martiniquais Alain Bidard.

Des icônes contemporaines du cinéma américain comme John Singleton, Spike Lee, Ava DuVernay et Steve McQueen font aussi partie du lot.

Quelques cinéastes célébrés

  • Spike Lee

    PHOTO MIKE BLAKE, ARCHIVES REUTERS

    Spike Lee

  • Ava DuVernay

    PHOTO DANNY MOLOSHOK, ARCHIVES REUTERS

    Ava DuVernay

  • Will Prosper

    PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

    Will Prosper

1/3
  •  
  •  
  •  

Le travail de Will Prosper (The Lost Tapes du Hip-Hop au Québec), de Dany Laferrière (Comment conquérir l’Amérique en une nuit) et de Moussa Djigo (Obamas) figure aussi parmi les films qui seront présentés le mois prochain.

Noir.e.s à la caméra fera aussi découvrir au public une dizaine de courts métrages de cinéastes émergents montréalais de 18 à 30 ans. Produites dans le cadre du Programme Être Noir.e au Canada de la Fondation Fabienne Colas, ces œuvres sont un pas en avant pour assurer une relève et la sortir de l’invisibilité, estime Mme Colas.

C’est novateur pour la relève de se retrouver dans une rétrospective prestigieuse.

Fabienne Colas

« Ça envoie un signal fort à l’industrie. On est rendus là. Nous n’avons pas eu à cogner à la porte de la Cinémathèque, elle est venue vers nous », poursuit Fabienne Colas.

Combler « le retard »

La place des cinéastes noirs au Québec est insuffisante par rapport à celle qu’on retrouve dans le reste du Canada, juge Mme Colas. « On a un retard incroyable à combler, avec peu de personnes noires à la réalisation ou à la production. Voilà pourquoi des rétrospectives comme celle de la Cinémathèque sont essentielles, c’est un agent de changement. »

La Cinémathèque ouvrira d’ailleurs un poste de programmateur à l’équité et à la diversité d’ici 2022, précise le directeur général de l’institution, Marcel Jean. « Pour tenir compte de la diversité et participer aux changements sociaux, il faut tendre la main », ajoute Christian Pitchen, président du conseil d’administration.

Le cycle Noir.e.s à la caméra sera présenté au public du 1er au 30 juin. Billets en vente le 20 mai.

Consultez le site de la Cinémathèque québécoise