Les prochains films d’Anne Émond, de Louise Archambault, de Sophie Dupuis, de Denys Arcand, de Stéphane Lafleur, de Miryam Bouchard, de Robin Aubert et de Francis Leclerc font partie des 14 longs métrages auxquels la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) accorde son soutien financier.

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Plusieurs de ces projets s’appuieront maintenant sur les décisions de Téléfilm Canada, à venir prochainement, pour compléter leur budget et entrer véritablement en production. Cela dit, l’aval de la SODEC constitue déjà une étape très importante.

Dans la liste dévoilée lundi, on remarque tout d’abord le retour de Denys Arcand. Le vétéran cinéaste tournera Testament, une comédie satirique dont le récit est construit autour d’un homme âgé qui, n’ayant plus foi en l’humanité, découvre de nouveaux repères. En toile de fond, une époque marquée par la rectitude politique, l’évolution identitaire, les protestations en tous genres, les scandales culturels, le militantisme et autres tempêtes médiatiques.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Miryam Bouchard

Parmi les autres productions dotées d’un budget de plus de 2,5 millions de dollars, signalons 23 décembre, une comédie romantique écrite par India Desjardins et réalisée par Miryam Bouchard (Mon cirque à moi). L’intrigue de ce film choral se déroule alors que la fête de Noël est perturbée par une tempête de neige.

La réalisatrice aura du pain sur la planche, car elle doit auparavant tourner au cours de l’été Lignes de fuite, l’adaptation cinématographique de la pièce de Catherine Chabot, dont le tournage a été retardé par la pandémie. « Et puis, ajoute Miryam Bouchard, nous devons impérativement tourner 23 décembre pendant l’hiver, parce qu’une tempête est au cœur du récit et constitue pratiquement un personnage à part entière. Nous en sommes à l’étape où nous savons à qui nous voulons proposer des rôles, mais nous attendons d’attacher tous les fils avant d’aller de l’avant. »

Le retour de Stéphane Lafleur

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Stéphane Lafleur

Le temps d’un été est une comédie dramatique écrite par Marie Vien (14 jours 12 nuits), que réalisera Louise Archambault (Il pleuvait des oiseaux) ; et Viking est une comédie de science-fiction à l’humour décalé, coécrite par Éric K. Boulianne et Stéphane Lafleur, qui en signera la réalisation. Pour ce dernier, il s’agira d’un retour derrière la caméra, sept ans après Tu dors Nicole. L’histoire d’un simple professeur d’éducation physique ayant toujours rêvé d’être astronaute, propulsé dans une situation extraordinaire.

« Viking est certainement mon film le plus ambitieux, indique le cinéaste. Il s’agit aussi du premier dont je signe le scénario en coécriture. Ma collaboration avec Éric [Boulianne] a été incroyable. Nous avons travaillé ensemble sur une première version que j’avais écrite et là, nous en sommes à l’étape où le film semble être en bonne voie de se faire. Nous espérons que toutes les étoiles s’alignent afin de pouvoir le tourner à l’automne. »

Sophie Dupuis et des drag queens

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE, ARCHIVES LA PRESSE

Sophie Dupuis

Toujours du côté des productions dotées d’un budget de plus de 2,5 millions de dollars, la SODEC a aussi accordé son appui financier à Drag. Le prochain film de Sophie Dupuis (Chien de garde, Souterrain) relate l’histoire d’un amour toxique entre deux personnificateurs féminins.

« Drag sera un film flamboyant, festif, mais aussi avec un aspect un peu plus sombre, indique la cinéaste. Je veux que ce soit très dynamique. J’avais envie d’explorer ce genre de relation depuis longtemps et je trouve le monde des drag queens d’une beauté incroyable, qui a beaucoup plus de profondeur qu’on pense. Ça se veut aussi un hommage à cette forme d’art. Nous allons bientôt commencer à choisir les acteurs et nous avons la ferme intention de faire un casting ouvert et de prioriser la communauté LGBTQ. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Anne Émond

La meute, une réalisation d’Anne Émond (Jeune Juliette), est une adaptation de la pièce de Catherine-Anne Toupin, dont le scénario a été écrit par l’autrice elle-même. Le récit relate l’histoire d’une femme traquée, traumatisée, qui cherche à fuir sa réalité en atterrissant dans un Airbnb, loin de chez elle.

« Nous sommes ravies de cette annonce, d’autant qu’elle arrive très rapidement, après un premier dépôt, a déclaré Anne Émond. Nous ne sommes pas encore en préproduction, seulement encore à l’étape du développement. Cela dit, nous allons reprendre certains éléments de la pièce sur le plan de la distribution. Nous ne savons pas encore quand nous tournerons le film, mais nous tenons à prendre notre temps pour bien faire les choses. »

Francis Leclerc chez les jeunes gens

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Francis Leclerc

Le dernier repas, de Maryse Legagneur, relate les derniers jours d’un ancien prisonnier politique haïtien ; et Le plongeur, dont Francis Leclerc (Pieds nus dans l’aube) signera la réalisation, est l’adaptation cinématographique du roman à succès de Stéphane Larue. Le scénario est cosigné par Éric K. Boulianne et le cinéaste.

« C’est la première fois que j’aurai l’occasion d’enchaîner deux longs métrages !, fait remarquer Francis Leclerc, qui tourne actuellement L’arracheuse de temps, l’adaptation du conte de Fred Pellerin. Nous sommes assez confiants de pouvoir tourner Le plongeur l’hiver prochain. Éric K. Boulianne a écrit des dialogues qui sonnent vrai dans la bouche des jeunes. Ça me confirme qu’il me faut choisir un acteur qui a l’âge du personnage, soit 19 ans. Nous ferons une nouvelle ronde d’auditions en ce sens. Ce que j’aime de ce film, c’est qu’il est presque uniquement composé de personnages âgés de moins de 25 ans. Le rôle le plus âgé dans le film est celui du père de Stéphane [le plongeur], qui a 41 ans ! C’est un beau défi pour moi. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Robin Aubert

Relevons par ailleurs le projet de Robin Aubert. Tu ne sauras jamais, dont le cinéaste a écrit le scénario avec Julie Roy, est un film directement inspiré de la pandémie et relate les efforts que fait un vieil homme confiné dans un CHSLD pour avoir des nouvelles de son amoureuse, qui vit aussi dans la même résidence.

« Je salue le courage de la SODEC, car la proposition est audacieuse, a confié le cinéaste, dont le plus récent long métrage, Les affamés, a été couronné de succès. Là, il s’agit d’un film où l’on reste dans un seul décor, sans jamais en sortir. L’idée m’est venue l’été dernier, alors que nous avons vécu le confinement en famille dans une grange. On espère tourner l’an prochain. »

Karnaval, d’Henri Pardo, Pas d’chicane dans ma cabane !, de Sandrine Brodeur-Desrosiers, Un goût amer d’éternité, de Dominique Chila et Samer Najari, La mécanique des frontières, d’Hubert Caron-Guay, et La mort n’existe pas, un film d’animation de Félix Dufour-Laperrière, ont aussi eu le soutien de la SODEC.