Du 16 au 27 avril, la Cinémathèque québécoise présentera une rétrospective des œuvres du cinéaste Claude Gagnon, soit l’ensemble de ses neuf longs métrages réalisés de 1978 à 2012.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Cette rétrospective précédera de quelques semaines la sortie (14 mai) du film Les vieux chums, plus récente œuvre de M. Gagnon qui, à ce jour, a uniquement été projetée au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue en raison de la pandémie.

La rétrospective comprendra donc les films suivants : Keiko (1978), Larose, Pierrot et la Luce (1982), Visage pâle (1985), Kenny (1987), Le pianiste (1991), Pour l’amour de Thomas (1995), Revival Blues (2003), Kamataki (2005) et Karakara (2012).

M. Gagnon compte bien assister à toutes les projections et échanger avec le public.

PHOTO FOURNIE PAR CLAUDE GAGNON

Claude Gagnon

C’est la première fois de ma vie qu’on tient une rétrospective de tous mes longs métrages. C’est une chance unique de voir tous mes films du premier au dernier. C’est comme faire un bilan de ma carrière. J’espère qu’à la fin, je vais me dire que ça valait le coup [rires].

Claude Gagnon

Quiconque connaît l’univers de M. Gagnon sait combien le Japon occupe une place importante dans sa vie. Il y a vécu une dizaine d’années et sa filmographie témoigne de cet intérêt pour le pays du Soleil-Levant.

Dans les notes accompagnant la rétrospective, Guillaume Lafleur, directeur de la diffusion, de la programmation et des publications de la Cinémathèque québécoise, a déclaré ceci :

« Voilà un cinéaste absolument à part dans le paysage québécois. Dès les années 1970, il exprime sa totale singularité en réalisant au Japon Keiko, histoire de mariage arrangé doublée d’un récit sentimental homosexuel. Au fil d’une filmographie cohérente, il dressera avec un sens de la mise en scène affirmé le portrait de situations marginales et complexes, susceptibles de lever le voile sur des aspects sociaux peu abordés dans notre cinématographie, notamment la question autochtone (Visage pâle, 1985) ou encore la condition d’individus vivant avec un handicap (Kenny, 1987). Nous vous invitons à découvrir la filmographie d’un cinéaste toujours actif et en phase avec notre époque. »

Rappelons que son film Kenny, consacré à Kenny Easterday, homme-tronc dont la condition faisait suite au syndrome de régression caudale, a valu à M. Gagnon le Grand Prix des Amériques au Festival des films du monde (FFM) en 1987.

Toujours au FFM, en 2012, le long métrage Karakara mettant en vedette Gabriel Arcand a remporté les prix « Ouverture sur le monde » et Coup de cœur du public du meilleur long métrage canadien.

À la rencontre du public

À l’origine, la rétrospective devait avoir lieu en avril 2020. Elle a par la suite été reportée à l’automne dernier. Cette fois semble bien être la bonne et Claude Gagnon souhaite que les acteurs de ses films puissent se joindre à lui pour aller à la rencontre du public.

« Les séances de questions/réponses sont très gratifiantes pour les cinéastes, dit M. Gagnon. Nous ne sommes pas là pour recevoir des compliments, mais pour comprendre comment les gens ont reçu le film. »

À 71 ans, le cinéaste maskoutain d’origine n’en a pas fini avec le cinéma. Il a récemment terminé la rédaction d’un nouveau scénario et, au moment de l’entrevue, s’apprêtait à y apporter des retouches. Il se garde toutefois d’en dévoiler les détails.

Horaire : cinematheque.qc.ca

AFFICHE FOURNIE PAR LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE