(Paris) « C’était ça ou j’en crève » : Coline Berry-Rojtman explique, dans un entretien à France info diffusé lundi, les raisons qui l’ont poussée à porter plainte pour « viols et agressions sexuelles » contre son père, l’acteur Richard Berry, près de quarante ans après les faits.

Agence France-Presse

« La lecture du livre de Camille Kouchner », à l’origine de l’affaire Duhamel et d’une libération de la parole en France sur l’inceste, et « la réaction de mon père, face à moi : cela a été l’alignement, l’addition », souligne la fille aînée du comédien, entendue jeudi dernier par les policiers de la brigade de protection des mineurs.

« Je l’ai ressenti physiquement, c’est-à-dire que c’était ça ou j’en crève, en fait », ajoute-t-elle. « C’était vital. Peut-être, oui, que ça va lui faire du mal. Encore que j’estime que j’apporte de la réparation dans la famille, et pour les générations futures ».

Coline Berry-Rojtman, née de l’union de Richard Berry et l’actrice Catherine Hiegel, a porté plainte fin janvier pour « viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans par ascendant » et « corruption de mineur ». Le jour même, le parquet de Paris ouvrait une enquête pour examiner la véracité des accusations portées contre son père, qui remontent à 1984-1985.

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Richard Berry

Richard Berry a démenti « de toutes (ses) forces et sans ambiguïté ces accusations immondes » et assuré n’avoir « jamais eu de relations déplacées ou incestueuses avec Coline, ni avec aucun de (s)es enfants ».

« J’ai besoin de la reconnaissance des faits » en dépit d’une éventuelle prescription, explique Coline Berry-Rojtman. « On a eu des échanges. Soit il minimise (les faits), en les considérant comme anecdotiques. Soit il considère que c’est de la faute de Jeane Manson (l’ex-compagne de son père), dont il aurait subi la liberté sexuelle. Ou alors je suis traitée de folle », ajoute-t-elle.

« Ce déni, c’est encore une destruction qui vient s’ajouter à la déchirure que je vis depuis toutes ces années ».

Pour Coline Berry-Rojtman, « les effets secondaires négatifs », notamment l’exposition de sa famille et de ses enfants, « sont moins importants que le bénéfice que je pense être à l’issue de cette démarche ».

« C’est peut-être très candide, mais je suis sereine et ça m’a apaisée. Je suis complètement soulagée », conclut-elle.